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ANCIENNES COLLECTIONS du CHÂTEAU de MESLAY


Le château de Meslay en Vendômois, est édifié en 1732 sur les plans du propre neveu d'Hardouin-Mansart. Important monument, derrière une belle grille de fer forgé au milieu d'un jardin à la française, ce haut château de pierre à étages, éclatant de blancheur - entièrement bâti en pierre de Rochambeau - est surmonté d'une toiture à la Mansart percée de lucarnes. Sobre et puissante, cette architecture correspond, sous la Régence, au courant classique illustré par Jules Hardouin-Mansart et Jacques Gabriel.

Il a été construit pour Jean-François de La Porte (1675-1743), puissant fermier général pendant près d'un demi-siècle : « un homme d'un profond savoir, et de plus, grand courtisan, bon travailleur, capable d'être à la tête des finances, il fut très longtemps chargé du portefeuille des fermes en qualité de Doyen de la Compagnie, emploi qu'il a dignement rempli jusqu'à sa mort (...) Il était avec cela magnifique et tenait une des meilleures tables de Paris. » in Mémoires pour servir à l'histoire du publicanisme moderne, contenant l'origine, les noms, les qualités, le portrait et l'histoire de Nosseigneurs les Fermiers généraux du Roy, qui se sont succédés depuis l'année 1720 jusqu'à la présente année 1750 (BNF, manuscrits français).

« Il passait, aux environs de 1730, pour l'une des meilleures fourchettes de France, et comme sa bourse, également l'une des mieux remplies de Paris, lui fournissait les moyens de satisfaire entièrement ses goûts, il avait pris l'habitude de réunir constamment chez lui de nombreux convives,
savants, artistes, gens de lettres et gens d'esprit, auxquels il offrait les créations nouvelles de son maître d'hôtel, d'Ossigny, un génie en son métier que tout Paris connaissait et que l'on prétendait avoir reculé, d'une façon singulière, les limites de l'art de bien manger. Le propriétaire de cette perle avait d'autres talents que de choisir heureusement ses maîtres d'hôtel. On le considérait à juste titre, de son temps, comme un homme d'affaires d'un mérite transcendant, le seul véritablement propre à recueillir la succession de Du Verney, de Bernard ou des contrôleurs généraux." in La vie privée des financiers au XVIIIe siècle, Henri Thirion, 1895.

Son fils, Pierre-Jean-François de La Porte, marquis de Presles (1710-1793), fut conseiller d'Etat et successivement intendant du Bourbonnais et du Dauphiné et s'allia avantageusement aux Le Fèvre de Caumartin, dynastie de grands commis de l'Etat parents des d'Argenson, Breteuil, Ségur...

Le fils de celui-ci, Jean-Baptiste-François de La Porte de Meslay (1743-1818), maître des requêtes et intendant du Roussillon puis de Lorraine et du Barrois, était le père d'Hippolyte de La Porte (1770-1852), homme de lettres et bibliophile, ami de Rivarol et de madame de Staël, et de la comtesse d'Irumberry de Salaberry, épouse du député de Loir-et-Cher sous la Restauration.

C'est la fille de cette dernière, épouse de Guy de Lavau (1787-1874), préfet de police de Paris et conseiller d'Etat sous la Restauration, qui hérita du château de Meslay et des importantes collections réunies par la famille de La Porte, heureusement préservées de la tourmente révolutionnaire. Les lots présentés sont demeurés dans la descendance jusqu'à nos jours.

Pour les numéros : 90, 91, 94, 96, 98 à 101, 103, 105, 366 et 367.