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EXPERT PRÈS LA COUR D'APPEL




PROVENANT DES ANCIENNES COLLECTIONS ODIOT
le service du grand seigneur pour la sublime porte


Fondée en 1690, la Maison Odiot conquiert sa notoriété sous le règne de Louis XV et atteint le sommet de sa gloire sous l'Empire. Orfèvre de père en fils, Jean-Baptiste Claude Odiot devient le fournisseur attitré de l'Empereur Napoléon Ier et de sa cour. Qualité, élégance et raffinement caractérisent l'art de celui que l'on surnomme : "le Prince des Orfèvres". À ce titre, il bénéficia de prestigieuses commandes de la maison impériale et exécuta des œuvres majeures tels le sceptre et l'épée du Sacre, ou encore la psyché de l'Impératrice dont le dessin grandeur nature fut vendu à Cheverny en 2008 ainsi que deux tableaux représentant son atelier.
De cette même provenance sont présentés à l'encan 31 nouveaux dessins de cette illustre famille d'orfèvre, la plupart conçus sous l'influence artistique de Charles Nicolas Odiot à l'époque la Restauration et de la Monarchie de Juillet.



Digne successeur de son père à partir de 1824, Charles Nicolas Odiot, de tempérament et de goût particulariste, repense et refonde les conceptions de son art. Il est à l'origine d'un style nouveau qui prend très vite le nom du monarque qu'il plaît à honorer : Louis-Philippe.
Tous les dessins proposés sont des projets d'orfèvrerie exécutés ou non pour les grandes familles princières, aristocratiques et bourgeoises.
Les cours souveraines d'Europe, d'Orient et même des Indes passèrent commandes de somptueux services à la Maison Odiot. Ainsi ce fleuron du luxe français s'exporta dans le monde entier tout au long du XIXe siècle. Un des dessins présentés comporte l'approbation du Ministère des Affaires étrangères.

En 1831, Charles Nicolas Odiot "faisait pour le Sultan Mahmoud, qui voulait que son argenterie fût façonnée par des mains françaises, un ensemble de pièces qui firent sensation. Elles étaient exécutées dans les formes alors en usage dans le service de table. Si le seau à rafraîchir, la jardinière, les cloches avec leurs réchauds rappelaient le style Empire par leur ordonnance, la décoration avait perdu la sagesse et l'on y retrouvait des ornements un peu lourds dont Odiot avait rapporté le souvenir de son séjour en Angleterre", écrit Henri Bouilhet.

Nous présentons six dessins datés de 1831 - en grandeur d'exécution - réalisés pour le Sultan de la Sublime Porte de l'Empire ottoman, Mahmoud II, qui régna de 1808 à 1839. Ces pièces sont désignées sous l'appellation : service dit du "Grand Seigneur".
Le catalogue manuscrit des collections de Charles Nicolas Odiot répertoriant les dessins originaux, nous donne de précieuses indications : en cinq pages il décrit les huit pièces du n° 88 au n° 95.
"(...) Dessinées pour le Sultan Mahmoud, ces pièces furent conçues par les collaborateurs de Claude Odiot, Cavelier ou Garneray ; mais, en tous cas par des artistes sûrs de leur volonté et possédant une parfaite connaissance technique qui leur faisait indiquer, dans les moindres détails, la façon dont ils entendaient l'exécution. Ils étaient d'ailleurs servis par des orfèvres éminemment compréhensifs."



Certains de ces dessins sont reproduits : - dans l'ouvrage "L'Orfèvrerie française" d'Henry Bouilhet, tome 2, p.174 et 175 - et dans l'ouvrage "Odiot l'orfèvre", par M,M. Pinçon et Gaube du Gers, p.174.

Les indications entre guillemets sont les désignations manuscrites reprises du catalogue des dessins originaux des collections de Charles Odiot, qui comporte en outre des descriptifs complets.

Précisions :
Ces 30 numéros proviennent de l'ancienne collection Odiot.
Du n° 601 au n° 627 les dessins comportent tous le cachet en rouge "Collection Ch. Odiot", avec leur N° des archives Odiot, comme indiqué.
En outre, les 6 numéros 601à 606 font partie du service du Sultan, dit du "Grand Seigneur ".
Les 3 numéros 628 à 630 ne portent ni cachet, ni de N° d'archives.
Seul le numéro 631 porte le cachet "Collection J.-B. Odiot", sans précision de N° d'inventaire.