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"OISEAU, ÉTOILES" PAR BRAQUE POUR MAEGHT

41 - "Oiseaux et étoiles" de Braque, Artigny, 7 juin 2015

GEORGES BRAQUE (ARGENTEUIL, 1882  - PARIS, 1963)

Oiseau, étoiles.

Aquarelle, gouache et crayon, sur papier contrecollé sur carton.
1959.
Signée en bas à droite.
32 x 36 cm.

Provenance : acquis à la galerie Maeght, collection R. B. depuis l'origine.

Bibliographie : 1959, Revue «Derrière le Miroir» n°115, Maeght publications, Paris, reproduit en couverture.

Exposition : juin 1959, Paris, Galerie Maeght, Georges Braque, n°20.

Georges BRAQUE. Bird and stars. Watercolor, gouache and crayon on paper glued on cardboard. Signed lower right. This painting has been published in front page of the Galerie Maeght review "Derrière le miroir", #115, in 1959. It is considered as the synthesis of Braque`s work.

OISEAU ET ÉTOILES : LA SYNTHÈSE DU TRAVAIL DE BRAQUE

Monsieur Quentin Laurens, détenteur du droit moral de Georges Braque, a confirmé que ce sujet figurait bien dans les archives photographiques de l’atelier, à l’époque non signé. L’œuvre a été signée par l’artiste ultérieurement. Le support de l’œuvre n’est pas d’origine, elle avait été initialement fixée par l’artiste par deux petits crochets latéraux.

Cette œuvre est une synthèse de la création de Braque : collage, trompe l'œil, oiseau. Il utilise les techniques de l'assemblage, de représentation  évoquant le volume sans user de la perspective traditionnelle. Le plumage de l'oiseau n'est pas sans rappeler les papiers peints déchirés de son travail à Céret avec Picasso.

Ainsi à ses premiers papiers collés de 1912-1914 avec Picasso, il y revient 45 ans plus tard, en introduisant la couleur, à côté du noir certes mais avec ces marron et crème, et surtout ce bleu marbré. Le thème très simple de l'oiseau (1954-1962) est stimulé par une commande en 1955 d'un plafond pour la salle étrusque du Louvre. Dès les dessins préparatoires dès 1953, on retrouve ces oiseaux volant parmi les étoiles.

Comme l'a souligné André Malraux le 3 septembre 1963 au Louvre lors de l'éloge funèbre du maître :
"...Ses tableaux se trouvaient dans tous les grands musées, et plus de cent mille Japonais, à Tokyo, s'étaient rendus à son exposition comme à un pèlerinage. Dans son atelier qui n'avait connu d'autre passion que la peinture, la gloire était entrée mais s'était assise à l'écart, sans déranger une couleur, une ligne, ni même un meuble. Silencieuse et immobile comme les oiseaux blancs qui depuis sa vieillesse avaient apparu sur ses toiles. Il était devenu l'un des plus grands peintres du siècle."


Revue "Derrière le miroir", n°115, 1959, Une.