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EXPERT PRÈS LA COUR D'APPEL
UNE COMMODE DU CHÂTEAU DE VILLARCEUX


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COMMODE dite en "VERNIS MARTIN"

à léger ressaut ouvrant par deux tiroirs sans traverse à décor de chinoiseries en vernis or sur fond noir en façade et sur les côtés. Le côté gauche est consacré à une scène de pèche, alors que le droit montre une collation entre chasseurs sur une barque. En façade, une scène centrale figure l'empereur de Chine, attablé avec trois autres personnages, avec à gauche une scène de palais lacustre et à droite une chasse au canard dans les marais. Elle repose sur quatre pieds cambrés.
Riche ornementation de bronzes dorés : les chutes à têtes de bélier, entrée de serrure et poignées de tirage en couronne de laurier et rubans, cul-de-lampe en vase antique et sabots antérieurs en pattes de lion.

Attribuée à René Dubois (1737-1799), reçu maître en 1755.

Époque Transition Louis XV - Louis XVI.

Dessus de marbre blanc.
(Restaurations d'usage, accidents et manques au vernis, cul-de-lampe sectionné).

Haut. 90, Larg. 110, Prof. 56 cm

Provenance : ancienne collection du château de Villarceaux (Val-d'Oise).

COMMODE IN MARTIN VARNISH with a light projection. It opens by two frontal drawers with no crosstie between them. Decorated with Chinese motifs. Transition Louis XVI - Louis XVI period. Cover in white marble. Form the former collection of the Villarceaux castle.

UNE COMMODE EN VERNIS DU CHÂTEAU DE VILLARCEAUX

Construit entre 1750 et 1759 pour Charles-Jean-Baptiste du Tillet, marquis de la Bussière (1710-1795) par Jean-Baptiste Cortonne, architecte du Prince de Conti, le "château haut" de Villarceaux est préservé de la tourmente révolutionnaire grâce à la protection d'Antoine-Charles, frère de du Tillet, greffier du tribunal révolutionnaire. Un bulletin de la Société archéologique de l'Orne rend compte d'une visite sur place en 1950 : "Tant intérieurement qu'extérieurement, il existe encore, tel qu'il était avant la Révolution, ainsi qu'en témoigne un inventaire dressé en 1797, à la mort de C-J-B du Tillet." Dernier château de style Louis XV, Villarceaux passe ensuite dans les mains de la famille de Villefranche, qui est victime d'un scandale immobilier conduisant, en 1975, à la vente judiciaire du château et à la dispersion de ses collections. Propriété d'une famille tourangelle depuis 1978, cette commode avait été acquise auprès du marché parisien avec une attestation de Charles Canet, expert près la Cour d'appel, faisant état des collections du château de Villarceaux, mais ne figure pas dans le catalogue de 1975.


Le château de Villarceaux, à Chaussy (Val d'Oise)

Réalisée à la fin du règne de Louis XV, dans les années 1760-1770, notre commode est de la qualité des meilleures productions parisiennes, avec notamment son bâti à tiroirs sans traverse.  Son décor est en vernis "façon de la Chine" : dit aussi "vernis Martin", en hommage à la dynastie de vernisseurs parisiens Martin qui n'est plus active à cette époque. René Dubois (1737-1799, reçu maitre en 1755) est probablement l'ébéniste qui a réalisé notre commode et son décors. Des motifs comparables de scènes animées se retrouvent en effet sur d'autre meubles réalisés par lui ou par son père Jacques, avec qui il partage la même estampille et le même goût pour la production de meubles en laque. Des chinois comparables, attablés sur fond de vernis rouge, sont en effet reproduits sur un commode vendue à Paris en 1993 (Kjellberg, 2002, p. 309).

Les ornements en bronze de Dubois étaient fondus par Nicolas Franche, ciselés par les frères Rabuts et dorés dans l'atelier de la veuve Noël. Leur qualité était aussi due aux bronzes de Cressent, dont il avait racheté des éléments lors de la vente en 1769.  Sur notre commode, on retrouve les mêmes chutes à têtes de bélier que sur un cabinet de Roger Vandercruse Lacroix vers 1765 (Getty Museum, Los Angeles, 70.DA.81), un cul de lampe identique sur une commode par Claude Charles Saunier vendue à Artigny ce même jour et le même piétement à griffes de lion qu'une commode de Jean-Jacques Mantzer, vendue à Paris en 1986 (Kjellberg, 2002, p. 595).

Jouissant d'une réputation élogieuse, Dubois fournit la cour, notamment la Reine Marie-Antoinette et le prince de Soubise. Ses oeuvres sont aujourd'hui conservées dans les plus grands musées.

Bibliographie

  • Charissa Bremer David, "Paris, Life and Luxury in the Eigtheenth century", Getty Museum, 2011.
  • Anne Foray-Carlier et Monika Kopplin, "Les secrets de la laque française", Musée des arts décoratifs, Paris, 2014.
  • Pierre Kjellberg, "Le mobilier français du XVIIIe siècle", L'Amateur, Paris, 2002.
  • Alexandre Pradère, "Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution", Chène, 1989