TOURS - VENDÔME - PARIS
COMMISSAIRES - PRISEURS
EXPERT PRÈS LA COUR D'APPEL
Une assiette en argent de Maximilien

BUITRÓN.ASSIETTE en argent du service de table de l’EMPEREUR MAXIMILIEN DE HABSBOURG du Mexique


Cliquez ici pour accéder à la vente

ASSIETTE ronde en argent uni,

gravée en son centre du chiffre de Maximilien, empereur du Mexique, timbré de la couronne impériale.


Poinçon de Buitron, Maître-orfèvre officiel du Deuxième Empire Mexicain.

Mexico, 1863-1865.

Diam. 21 cm. Poids 398 g.

A SILVER PLATE engraved in its center with the monogram Maximilian of Habsbourg, second Emperor of Mexico. Marked by Buitrón, official silversmith of the regime. Mexico, 1863-1865.

TV Tours, émission "Tout sur un plateau"

animée par Émilie Tardif, invité Diego de Ybarra.


Cliquez pour une présentation vidéo.


L'ASSIETTE DE MAXIMILIEN DU MEXIQUE

La triste histoire de Maximilien de Habsbourg


À la fin de l’année 1863, début 1864, L’archiduc Ferdinand Maximilien de Habsbourg et Lorraine, prince impérial de la maison d´Autriche, reçoit dans son château de Miramare la visite d´une mission de la noblesse mexicaine. Le Mexique cherche un prince européen pour le gouverner et le délivrer d’un régime libéral aux ordres des États-Unis. Ce projet, conçu par l’Impératrice Eugénie, est approuvé par Napoléon III. Mais ce que Maximilien ne sait pas,c´était que le Mexique a déjà un président…

Conservateurs mexicains offrent le trône du Mexique à Maximilien de Habsbourg à Miramar

Parmi les membres de la délégation de conservateurs mexicains, dont le porte-parole est le docteur José Pablo Martínez del Río, se trouvent MM. Gutiérrez de Estrada, Hidalgo y Esnaurrízar, et Juan Nepomuceno Almonte.

Maximilien et Charlotte du Mexique

La présence Napoléonienne en territoire mexicain est bien connue des historiens.En 1867, Napoléon III, pensant plutôt aux complications de ses affaires sur le Vieux Continent,se désintéresse de l’aventure mexicaine. Il abandonne Maximilien, alors que dans le même temps, le président républicain légitime, Benito Juárez, gagne l’appui des États-Unis. Grâce à Abraham Lincoln, Juárez reprend le pouvoir factuel sur le territoire. Il fait emprisonner Maximilien. Son exécution, sur le Cerro de las Campanas, a lieu après un jugement expéditif… à l’américaine.

L'exécution de Maximilien, par Edouard Manet

Les biens de l’Empereur sont saisis et son argenterie fondue. Les rares pièces d’orfèvrerie du « Habsbourg mexicain » ayant échappé à la destruction se trouvent aujourd’hui conservées dans quelques musées (notamment le Musée National d’Histoire – Palais de Chapultepec) et dans de rares collections privées. Elles ont probablement été offertes par le malheureux souverain, acculé, à ses plus proches amis. Parmi eux, le docteur José Pablo Martinez del Rio.

Le fabuleux destin de la famille Martínez del Río


Le docteur José Pablo Martínez del Río  Porte-parole de la commission mexicaine à Miramar


Le docteur Martínez del Río y Pedemonte naît au Panama dans une riche famille d’origine espagnole. Il déménage au Mexique au début des années 1830. En 1848, pendant l’intervention américaine, il sauve la vie d’un soldat américain gravement blessé. Cet homme, un certain Ulysses S. Grant, ne l’oubliera jamais.

Grand propriétaire terrien, homme d’affaires et banquier, Martinez del Río fréquente assidument les cercles aristocratiques et conservateurs impérialistes de son pays d’adoption. C’est lui qui est désigné comme porte-parole de la délégation qui se rend à Miramare pour offrir le trône de l’Empire Mexicain au prince de Habsbourg.

À la Cour impériale du Mexique, Martinez del Río évolue dans le premier cercle. L’Empereur lui accorde toute sa confiance. Il est nommé ambassadeur près la Sublime Porte, puis à Rome.

Le Trône renversé, nombre d’impérialistes sont contraints à l’exil lorsqu’ils ne sont pas exécutés. Les Martínez del Río voient leurs biens confisqués. Ils quittent le Mexique pour la Lombardie, ruinés, mais avec quelques souvenirs.

Quelques années plus tard, le président des États-Unis intervient personnellement auprès de Juarez pour le sommer, non seulement d’amnistier la famille Martínez del Río mais aussi de leur restituer leurs propriétés. Le président mexicain s’exécute. Martinez del Río a probablement été le premier étonné de ce formidable coup de théâtre. Il s’est probablement demandé ce qui a bien pu pousser le président américain à le prendre sous son aile ! La réponse est dans l’identité de ce chef d’État. Il se nomme Ulysses S. Grant, et il n’a pas oublié le médecin qui le sauva de la mort pendant la guerre des années 1840…

Les descendants du docteur Martínez del Río, résident aujourd’hui à Mexico. Leur collection d’œuvres d’art, enrichie à travers les générations, est importante. Le fils du docteur José Pablo Martínez del Río y Pedemonte hérita des cadeaux reçus par son père des mains de l’Empereur. Parmi ces derniers se trouvent quelques pièces d’un service de table en argent uni, dont notre assiette fait partie.

Autres pièces du service de table de l’empereur


Christofle livre également à Maximilien des pièces d’argenterie à son chiffre. Parmi elles, citons un moutardier et un plateau  en métal argenté conservés au Musée National d’Histoire du Mexique (ancien Palais de Chapultepec, demeure de l’empereur pendant son court séjour mexicain). Par contre, à notre connaissance, aucune pièce en argent massif du Maître-orfèvre de l’Empereur, Buitrón, ne figure dans une collection publique.


Plateau en métal argenté, Christofle, 1863. Musée National d'Histoire,Mexico.


Cayetano Buitrón, mâitre orfèvre du vice-royaume d'Espagne


L’orfèvre qui a été chargé de réaliser le service de table de l’Empereur s'appelait Cayetano Buitrón. Dans le livre “Platería Novohispana”, produit par le Musée National du Vice-royaume de Tepoztlán, on peut lire que Cayetano Buitrón a été reçu mâitre (Teniente Ensayador) à Madrid. Buitrón est fait Premier maître orfèvre (Teniente Ensayador Mayor) du vice-royaume de la Nouvelle Espagne par par une lettre du Roi en date du 29 février 1812, aux débuts de la guerre d'Indépendance. Lors de l’arrivée de Maximilien au pouvoir, Buitrón était donc un orfèvre reconnu.

Le Teniente Ensayador était le poinçon officiel de la Caisse Royale.Dans les pièces produites par les Ensayadores Mayores - et également dans les pièces qu’ils révisaient - on lit leur poinçon avec l’abréviation de leurs noms. Dans notre cas, le poinçon se compose ses lettres BTRON. On peut de la même façon savoir que l’assiette a été produite à Mexico. Les œuvres crées dans la ville de Mexico se marquaient aussi avec un autre poinçon: une M majuscule avec, au dessus, une petite lettre O. Notre assiette est également marquée par ce poinçon qui réfère à l’endroit de sa création.

Données techniques

  • Mexico, Mexique, circa 1863-1865.
  • Argent massif gravé au chiffre deuxième empereur du Mexique et timbré de la couronne impériale (deux M, signifiant «Maximilien» et «Mexique »).
  • Diam: 21 cm.
  • Poids : 400 g.
  • Poinçon de BUITRON, Maître orfèvre, et deux marques d´artisan.Poinçon “Mo”, correspondant à Mexico comme ville de création de la pièce.

Provenance 

  • Service personnel de Maximilien Ier, empereur du Mexique
  • Collection privée, palais de Patoni, Mexico (Famille Martínez del Río y Pedemonte)
  • Collection privée, Mexique (Collection de la Marquise de Cilleruelo)
  • Collection privée, France (Famille Corcuera y Martínez del Río)

Bibliographie

  • Egon Caesar Conte Corti. Maximiliano y Carlota. México, Fondo de Cultura Económica, 2003.
  • Egon Caesar Conte Corti. Prisión y muerte de Maximiliano. México, Fondo de Cultura Económica, 2003.
  • David W. Walker.Kinship, Business and Politics: The Martínez del Río Family in México, 1823-1867.University of Texas Press, 2015.
  • Catherine Arminjon et Nicole Blondel.Objets civils domestiques.Imprimerie Nationale, 2006.
  • Platería Novohispana. Museo Nacional del Virreinato. Tepoztlán, México.