TOURS - VENDÔME - PARIS
COMMISSAIRES - PRISEURS
EXPERT PRÈS LA COUR D'APPEL

 

Rouillac.com, le +



ill. 1 : Description du relief des Parques  par P. Perdrizet 

« Relief des Parques- Marbre blanc. Hauteur 63cm. Longueur 1,33m.Ce marbre a fait partie de la collection Nani. Il a été acheté à Rome en 1912. Restauration : bras et épaule du putto gauche. Long côté d'un sarcophage, destiné d'après le sujet à un adolescent. A gauche un amourailé, qui apprend le ceste sous la direction d'un paidotribe de son âge, vêtu du manteau et tenant la baguette des instructeurs. A droite,trois fillettes du même âge, que les deux petits personnages de gauche, sont représentées en Parques. Celle de droite lit un volumen à demi déroulé, celle du milieu file, celle de gauche cherche sur un globe l'heure ou l'horoscope. Sur le sarcophage du Louvre (Clarc 216,Nr.768 ; Fröher, Sculpt. d. L. Nr. 490) l'une des Parques indique sur une sphère la γένεσιϛ[i] du défunt (genèse du défunt). Epoque impériale. »

 in Paul Perdrizet, Antiquités grecques de la collection du vicomte du Dresnay, château du Dreneuc,(Loire-Inférieure), Pl.19. 1918



ill. 2 : Buste de Livie 

Musée du Louvre, Paris, Vers 31 av.J.-C. Dim. : H.32 cm.



ill. 3: Morta sur le relief des Parques vendu à Artigny



ill. 5 : Détail de Morta avec une tablette à écrire Dessin du Puteal de Madrid



ill. 6 : Sarcophage des Muses

Première moitié du IIe s. ap. J.-C. Marbre. Dim. : H. 0,92m ; L. 2,06m ; L. 0,68m.

Musée du Louvre, Paris.




ill. 7a: Puteal de Madrid IIe s. ap. J.-C.,

Haut. 99,5cm. (probablement une copie de Phidias du IVe s.av. J.-C.)

Musée archéologique de Madrid.



ill.8 : Les trois Parques
Rome, bas-relief, marbre, IIe s. ap. J.-C.,

Berlin, Château de Tegel [château de Humboldt] (original),

Berlin, Staatlichen Museen, Antikensammlung.




Ill. 9 :Prométhée, vers 220, IIIe s. ap JC.
H. 0,46m ; L. 1,62 : prof. Du relief 0,08m,

Origine inconnue, Ancienne coll. Borghèse, entrée, Louvre 1808, blanc à grain fin. Patine dorée en partie artificielle

Musée du Louvre, Paris, Ma 355.



Ill. 10 :Sarcophage du mythe de Prométhée,
Datation proposée par B.Andrea 270/280, R. Turcan propose 240. Trouvé au XVIe s. à Arles,
a servit de tombeau à l’évêque Hilaire mort en 449.
Dim. : L. 2,21m ; H. 0,71m env. ; l. 0,61m à droite ; 0,58m à gauche. L. intérieure 2m ; H. intérieure 0,57m.
Musée du Louvre, Paris, Ma 339. 



ill.11 : Palais Barbarigo, Venise. 



Ill. 12 : Première de couverture de l’ouvrage de Biagi Cl.



ill.13 : Lion funéraire
Getty Museum



ill. 14 : Stèle mère et l'enfant
Metropolitan Museum



ill. 15 : Stèle de Sosibia
Museum of Fine Arts, Boston


 
 
ill. 16 : Dionysos


[i]  Terme grec désignant la genèse
LE RELIEF DES PARQUES

FAÇADE D'UN SARCOPHAGE

en marbre blanc sculpté en relief.



Relief des Parques, vente Artigny, 7 uin 2015, n°351


À gauche Éros apprend le ceste sous la direction d'un pedrotibe de son âge, vêtu d'un manteau et de la baguette des instructeurs. À droite, trois fillettes du même âge sont représentées en Parques. Celle de droite lit un volumen à demi déroulé, celle du milieu file, celle de gauche cherche sur un globe l'heure ou l'horoscope.

Époque impériale romaine, IIe siècle, probablement un atelier grec à Rome.

Haut. 63, Larg. 133 cm.
(Restauration au bras et à l'épaule du putto gauche. Éclats et manques.)


Provenance

  • Musée J. Nanii Veneti, Rome, 1785 (?)
  • Collection Giacchino Ferroni, vente à Rome, n° 277, 33 et planche 52, 1909.
  • Collection Vicomte Maurice du Dresnay, château du Dreneuc à Fregeac (Loire-Inférieure) acheté à Rome en 1912 ; sa vente en 1918.
  • Acquis auprès de la galerie La Reine Margot à Paris, par Jacques et Janine Nabon début 1970.


Bibliographie

  • Paul Perdrizet, « Antiquités grecques de la collection du Vicomte du Dresnay, château du Dreneuc », 1918, reproduit planche 19.
  • Otto Brendel, « Symbolism of the sphere : A contribution to the History of Earlier Greekly », 1977, p. 70 et suivantes, reproduit planche 23.

CERTIFICAT DE SORTIE DU TERRITOIRE FRANÇAIS


FAÇADE of a SARCOPHAGUS. White sculpted marble representing the Fates. Provenance: Collection of the viscount of Dresnay and then the museum Nanii Veneti of Rome. 

Amélie Hajjaoui et Élodie Abad,

« Le relief des Parques

de la collection du vicomte du Dresnay »,

Rouillac, Tours, 2015.

I) Le relief des Parques et l’art funéraire romain 

  A)Le relief des Parques 

 1) Description

Le relief des Parques, de la collection du Vicomte Maurice du Dresnay, est un relief funéraire antique datant de l’époque impériale romaine. Il est probablement réalisé dans un atelier grec à Rome vers le IIe s. ap. J.-C.
Ce relief comporte deux scènes distinctes :

  • À gauche, Éros apprend le pugilat avec un paidotribe[i].  
    • Éros est de profil, nu, ailé et semble tendre ses bras vers le haut.
    • Le paidotribe est de face, la tête tournée vers Éros, à gauche. Il est vêtu d'une toge lancée sur l'épaule gauche, cette toge cache ses membres inférieurs, elle est repliée sur son avant-bras gauche. Il tient une baguette de la main droite, servant à l'enseignement d’Éros.
  • À droite, dos à la scène du pugilat, les trois Parques sont reconnaissables grâce à leur fonction. Elles sont toutes les trois autour de la sphère qui est posée sur un socle quadrangulaire.
    • Dos à la scène du pugilat, Decima lit, à l'aide de son bâton, l'heure ou l'horoscope dans une sphère. Elle est assise sur un tabouret à quatre pieds, sa main gauche est repliée vers son visage.
    • Debout à gauche de profil, Nona file le fil de la vie.
    • À l'extrême droite, Morta, de profil, lit le volumen.   Les trois Parques sont vêtues d'un chiton et d'un himation. Elles sont coiffées de la même manière, avec un enroulement des cheveux sur les côtés qui se termine en chignon derrière la nuque. Le fond du relief est neutre.
  2) Analyse

  D'après Otto J. Brendel qui a analysé cette œuvre en 1977 dans « Symbolism of the Sphere : A Contribution to the History of Earlier Greekly », ce relief des Parques a sûrement perdu sa partie gauche. Il devait y avoir un adversaire en face d’Éros. De plus, toujours selon le même auteur, le relief a été restauré et modifié pendant la période moderne : ceci serait visible sur les visages des Parques ainsi que la quenouille de la fileuse. Par ailleurs le relief devait être soit continu, soit appartenir à un petit sépulcre.
  Les deux scènes du relief, Éros qui apprend le pugilat et les trois Parques, n'ont aucun lien entre elles, mais l'iconographie funéraire les rassemble.


  3) Stylistique

  Cette œuvre d'époque impériale est de style classique avec des réminiscences de la fin de la période hellénistique. Les Parques romaines sont en effet les héritières des Moires, en grec. Les Moires, en grec, sont nommées Atropos, Lachésis et Clotho, alors qu'en romain, réciproquement Les Parques se nomment Morta, Decima, Nona.
  Alors que les drapés fins et le mouvement évoquent la sculpture hellénistique, la coiffure des Parques reprend celle de la fin de la période hellénistique. Leur coiffure est ainsi reprise pendant la période impériale par Livie (ill.2), femme de l'empereur Auguste en 38 av. J.-C. (63 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.).
  Même si notre relief reprend des caractéristiques grecques, il est de tradition romaine et s'accorde avec l'art des sarcophages dans la Rome antique[ii].


  B) L'art funéraire romain 

  1) Généralité sur l'art funéraire romain 

  Les monuments funéraires ont une place importante dans la vie quotidienne des Romains. Ils sont marqueurs de l'identité sociale du défunt, et offrent ainsi une image que le défunt veut donner de lui-même aux vivants, de la place qu'il a acquise dans la société et de la dignité de sa famille.   Dans la ville antique, les monuments funéraires sont placés en dehors du pomerium, c'est-à-dire en dehors du centre-ville en terme actuel. De ce fait, les emplacements en bordure des routes menant au centre-ville, sont particulièrement recherchés pour montrer son statut social. D'ailleurs, les inscriptions funéraires s'adressent le plus souvent, directement aux passants, comme des notes pour honorer le défunt.
  Des traditions locales marquent par ailleurs les stèles funéraires. En effet, leurs formes et matériaux et plus encore leurs iconographies reflètent le style d'ateliers régionaux.


  2)Les Parques dans l'art funéraire

  2.1) L'iconographie funéraire du relief des Parques du Vicomte du Dresnay    Le relief des Parques s'inscrit dans une lignée de reliefs et de sarcophages romains identifiables grâce à un relief conservé au Vatican, qui avait énuméré le prénom des Parques. Ces bas-reliefs sont visibles au musée du Vatican (Mus. Pio-Clem, t.IV, pl.34), au musée du Capitole (Ibid. pl.25), et sur une patère étrusque de la collection Borgia (Ibid. pl.4.).  
Notre relief montre les Parques autour d'une sphère. Selon Otto J. Brendel cette occupationest « normale et étrange ». L'idée de la destinée est incarnée par la présence des Parques qui évoque également la division du travail, populaire au début de l'époque romaine. En effet les Parques se divisent les tâches, l'une file, l'une lit le volumen et l'autre regarde dans la sphère. Sur notre relief Morta lit un volumen, qui est remplacé par une tablette à écrire dans d’autres reliefs, comme celui du Puteal de Madrid (ill.5).  
Paul Perdrizet, dans sa description, dit que la Parque Decima, en face de la sphère lit l'horoscope, ou l'heure. En effet quand un enfant vient au monde, les Parques décident de sa destinée. Ceci expliquerait, en partie le motif de la sphère et son rôle dans ce relief funéraire, celui de se souvenir de la destinée du défunt présidée par les Parques.  
Otto J. Brendel propose que Decima, avec le bâton en face de la sphère, soit assimilée à la muse Urania. Il s’agit d’une transposition iconographique. La Muse Urania est symboliquement rattachée à la sphère, tandis que l’attribut premier des Parques n’est pas la sphère mais le fuseau. Sur le sarcophage des Muses conservé au Louvre, Urania tient ainsi un bâton, comme Decima, dans noter relief, semblant elle aussi, lire dans la sphère. 
Ces transpositions iconographiques peuvent s’expliquer par les évolutions de la religion romaine au IIe s. ap. J.-C[iii]
Deux autres thèmes iconographiques aux IIe et IIIe s. ap. J.-C lient les Parques à un globe : lors de la naissance d’Athéna et illustrant le mythe de Prométhée.  


     2.2) Athéna et les Parques : l'iconographie d'une naissance :  

 Le Puteal de Madrid a été trouvé dans les jardins royaux de Moncloa, à côté de Madrid. Il représente la naissance d'Athéna suivie d'une scène avec les Parques. Cette scène circulaire du Puteal montre les Parques vêtues d'un chiton et d'un himation ; elles ont les cheveux enroulés comme dans le relief des Parques du Vicomte du Dresnay. L'une est assise et semble tenir une quenouille dans les mains, les deux autres sont debout. La Parque debout au centre tient un objet non identifié tandis que l'autre tient une tablette à écrire. Dans cette représentation, le globe ne semble pas être figuré.  
Le relief des Moires conservé à Berlin provient de Rome. Il faisait partie d'un ensemble de plaques à rapprocher du Puteal de Madrid. Dans ce relief, Clotho assise porte la quenouille, Atropos lève le fuseau et Lachésis montre le globe supporté par une colonne, au nouveau-né. Ce marbre date du IIe s. ap. J.-C.  


  2.3) Prométhée et les Parques : l'évocation d'un destin ?  

 Deux sarcophages, conservés au musée du Louvre, datant du IIIe s. ap. J.-C., racontent le mythe de Prométhée avec la création de l'homme, accompagné des Parques.
  Sur le sarcophage Ma 355, deux scènes distinctes sont traitées. « La naissance et la mort de l'homme » et « Prométhée dérobant le feu à Vulcain ». Les trois Parques sont représentées dans la partie gauche du relief c'est-à-dire, la scène de la naissance et de la mort de l'homme. Les trois Parques contemplent la scène de Prométhée : Lachésis de face a la tête tournée vers la gauche ; elle indique la position des constellations sur son globe élevé dans sa main gauche. Au centre, Clotho est de face, une jambe fléchie et déroule le rouleau où est inscrit la vie. Atropos, de profil, se retourne en indiquant l'heure de la mort sur le cadran solaire derrière Clotho.
Elles sont vêtues d'un chiton et coiffées d'un petit chignon sur la nuque. Elles portent sur le front une plume des Muses.  
Le sarcophage Ma 339 est complexe. Il provient d'Arles et illustre également le mythe de Prométhée. Sur ce relief figure entre autres Athéna casquée, Hermès entraînant Psyché, ainsi que Éros avec les Parques accompagnés de Poséidon.
  La composition s'organise autour d'un axe de symétrie passant entre Lachésis et Clotho. Lachésis est de face la tête tournée. Elle tient de la main gauche le globe céleste, et dans la main droite la baguette lui servant à lire l'alignement des planètes sur le globe. Vient Clotho tournée vers la droite, qui file le fil de la vie sur sa double quenouille dont il manque le peson. Atropos n'est pas présente dans ce sarcophage. Derrière Lachésis et Clotho, en très bas-relief, sont les Dioscures.
  À travers ces quelques représentations des Parques dans l'art funéraire romain, nous voyons quelques similitudes quant à leur représentation. En effet, les Parques sont représentées dans les sarcophages pour leur symbolique funéraire, mais également pour illustrer la vie du défunt, de leur naissance à leur mort. Les Parques sont d’abord présentées pour illustrer la naissance d'Athéna ou la naissance d'un enfant. Elles écrivent leur destin. De plus, avec les sarcophages relatant le mythe de Prométhée elles sont présentes pour illustrer la continuité d'une vie et son achèvement.


            II) L'historique du relief des Parques   


A) Provenance italienne 

 1) Le Musée Nani, Venise, XVIIIe

  D'après le catalogue des ventes Ferroni et l'ouvrage de Paul Perdrizet, le relief des Parques a fait partie de la collection du musée Nani. Seulement, Otto J. Brendel affirme que notre relief n'est pas référencé dans les ouvrages de Clemente Biagi sur la collection Nani, parus entre 1785 et 1787. Le relief des Parques aurait donc pu arriver après, ou partir avant ces dates de la collection Nani.
  Ce musée est constitué à partir de la collection de la famille Nani de Venise. Cette famille patricienne comporte trois branches dont les Nani di San Trovaso qui sont les grands collectionneurs d'antiquités. Antonio Nani di San Trovaso et deux de ses frères, Polo et Bernardo Nani di San Trovaso, constituent l’essentiel de la collection d'antiquités de la famille. Ils accroissent leur collection grâce à leurs fonctions militaire, politique et commerciale tissées à Venise.Les dates d'acquisitions des œuvres des Nani débutent en 1693 et s’étalent jusqu'en 1761, date de la mort de Bernardo Nani di San Trovaso. Les œuvres collectionnées sont installées dans le palais familial, anciennement palais Barbarigo, qui existe encore de nos jours et qui abrite un département de la faculté d'Histoire de l'Art. 
  Les 356 pièces rassemblées par cette famille confrontent des autels, des urnes cinéraires, des vases de marbre grec et latin, des animaux en bronze, des monnaies grecques, romaines et égyptiennes. Les Nani collectionnaient aussi des pièces orientales telles des statues de Krishna ou encore des pierres portant des caractères arabes.
  La provenance des œuvres de la collection Nani est essentiellement grecque : Corcyre, Ithaque, Dalmatie ou encore Athènes. Dans toutes les œuvres citées précédemment les stèles funéraires occupent une place de choix, suivi par la statuaire.
  La collection des Nani est dispersée à partir de 1840 dans toute l'Europe. Une grande partie de ses collections fut achetée par le musée Calvet, à Avignon. Quatre statuettes de la collection Nani figurent dans les collections du musée de l'Ermitage en Russie.
  Entre la dispersion de la collection Nani et la vente de la collection Ferroni en 1909 à Rome, nous ne savons pas où était notre relief des Parques[iv] 

  2) La vente Ferroni, Rome, 1909

  Joachim Ferroni était un collectionneur artiste. Arrivé à Rome en 1895, il se lance dans le commerce des objets d'art. Grâce à cette activité, il a formé un réseau de clients fidèles, dont le directeur du musée de Berlin. En tant qu'artiste, il travaille le marbre, les bronzes de fouilles, les terres cuites, la peinture et les émaux. Il a aussi des compétences de restaurateur, préférant ne pas masquer les dégâts mais au contraire garder l’œuvre intacte.
  Joachim. Ferroni lègue à son frère un mémoire comprenant toute sa collection avec les attributions faites par ses soins. Après son décès en 1909, ses collections sont vendues aux enchères publiques, dont le relief des Parques. Cette vente Ferroni confronte plusieurs périodes fastes de l'Histoire de l'Art avec les grands noms de la peinture et de la sculpture. En effet nous trouvons les noms deClouet François, Memling Hans,Rubens Pierre-Paul pour la peinture, les noms de Baccio Bandinelli,Giambologna, Donatello pour la sculpture par exemple.   Entre la vente Ferroni de 1909 et l'acquisition du relief par le vicomte du Dresnay en 1912, nous ne savons pas où est conservé notre relief des Parques.


  B) Collections françaises

  1.Le Vicomte du Dresnay 

  1.1) Biographie   

 Édouard Marie Maurice du Dresnay est né le 12 mai 1863. Châtelain du Dréneuc en Fégréac, près de Redon, il épouse le 10 mars 1896, Pauline Virginie Fernande Meunier. De cette union naît un enfant, Jean du Dresnay (1900-1967). Maire de Frégéac et vicomte du Dresnay, il épouse Nicole d'Harcourt (1900-1982) en 1929.
  Licencié en lettres et en droit, le vicomte du Dresnay parle anglais, allemand et italien. Étudiant chez les Jésuites à Paris, il suit pendant deux ans les cours des sciences morales et politiques et demande en 1894 à passer le concours des carrières diplomatiques et consulaires. Il débute sa carrière diplomatique par un stage au Caire de 1889-1893 puis devient secrétaire d'ambassade au Japon de 1896-1905. Il obtient le poste de second secrétaire d'ambassade à Vienne de 1899 à 1905.
  Réputé pour être un homme érudit, fortuné et affirmant ses positions politiques, le vicomte du Dresnay voyage beaucoup en Italie, Grèce, Asie Mineure, Bulgarie, Sicile et dans bien d'autres pays encore. En 1914 il est membre de la Société des études grecques, ce qui lui permet de partager ses connaissances sur l'art grec et d’enrichir sa prestigieuse collection d'antiquités.  


  1.2) Sa collection d'antiques   
Le relief des Parques est acquis par le vicomte du Dresnay en 1912 et est revendu avec l'intégralité de sa collection d’antiques en 1918. À cette occasion, un ouvrage est publié par l'archéologue Paul Perdrizet : Antiquités grecques de la collection du vicomte du Dresnay, château du Dréneuc parut en 1918. La collection regroupe 40 œuvres, des IVe et Ve s. av. J-C., ainsi que des œuvres du IIe s. av. J.-C. Elle est présentée par type de matériaux : calcaire, marbre, gypse, bronzes et les terres cuites.
  On y recense un chariot archaïque en marbre blanc du Ve siècle av. J.-C. trouvé à Rome, ou une Vénus pudique en bronze de l'époque hellénistique. Lors de son stage à l’ambassade du Caire, il achète un exceptionnel vase du Dieu Nil en 1891[v], puis une tête chryséléphantine d'Alexandre le Grand en 1892.
  Situé entre une urne cinéraire de jeune femme en albâtre et la stèle de Sosibia, le relief des Parques porte parmi les marbres le numéro XIX, dans l'ouvrage de Paul Perdrizet,. Ce livre est conçut comme un catalogue d’œuvre. Il explique et montre l'importance des œuvres achetées par le vicomte du Dresnay et leur place dans sa collection.


  2.Les antiques de du Dresnay dans les collections mondiales

  Après plusieurs ventes, les pièces de la collection du vicomte du Dresnay sont aujourd’hui conservées dans des institutions muséales européennes ou étrangères :

  • Le Getty Museum achète le lion funéraire en 1957 auprès de l'antiquaire grec Nocilas Koutoulakis ; 
  • Le Metropolitan Museum conserve la stèle funéraire de la mère et l'enfant donnée par Alastair Bradley Martin en 1952 ;
  • Le Museum of Fine Arts de Boston achète en 1971 la stèle funéraire de Sosibia, ainsi que la stèle de Stratoclès, fils de Proklès.
  • Le jeune Dionysos attaché à un cep de vigne est vendu aux enchères à Paris pour 105 000 euros en octobre 2010.
2) Collection Jacques et Janine Nabon, Blois

  Le relief des Parques est acquis par Jeanine et Jacques NABON un couple d’érudits blaisois, auprès de la galerie Mythe et Légendes à Paris dans les années 1970.Leur collection est dispersée lors de la vente Garden party au château d'Artigny le lundi 8 juin 2015 par la maison de ventes Rouillac.


  Certificat de sortie du territoire français

Bibliographie

  • BIAGI Cl., Monumenta Graeca, et Latina Ex Museo J.Nanii Veneti, Rome, 1785.
  • BRENDEL O. J., Symbolism of the Sphere : A Contribution to the History of Earlier Greekly, Leiden, 1977, p. 70-85.
  • CAVALIER O., “La collection Nani d’antiquités”, dans A.-F. Laurens et K. Pomian, L’Anticomanie. La collection d’antiquités aux xviiie et xixe siècles, Paris, 1992, p. 83-95.
  • HOLTZMANN B. (dir.), L'art de l'antiquité, 1. les ORIGINESde l'Europe, Réunion des Musées nationaux , Gallimard, 1995. p. 502
  • METZGER C., BARATTE Fr., Musée du Louvre, Catalogue des sarcophages en pierre d'époques romaine et paléochrétienne, Réunion des Musées Nationaux, Paris, 1985, p. 113-118.
  • PERDRIZET P., Antiquités grecques de la collection du vicomte du Dresnay, château du Dréneuc, (Loire-Inférieure), 1918.
  • Consultation du volume 538 du personnel de deuxième série aux archives du MAE.
  • Site www.archive.org, consultation du Catalogue de la vente après décès de Mr. Joachim Ferroni, 1909


 



[i]  Dans l'Antiquité, celui qui enseigne lesjeux dans les gymnases[ii]  BRENDELO.J, Symbolism of the sphere : A Contribution  to the History of Earlier Greekly, Leiden,1977[iii]  BRENDELO.J, Symbolism of the sphere : A Contribution  to the History of Earlier Greekly, Leiden,1977[iv]  CAVALIER O., “La collection Nanid’antiquités”, dans A.-F. Laurens et K. Pomian, L’Anticomanie. La collection d’antiquitésaux xviiie et xixe siècles,Paris, 1992[v]  Provenance des objets ouvrage de P. Perdrizet,Antiquités grecques de la collection du vicomte du Dresnay, château du Dréneuc,(Loire-Inférieure), 1918.