Intérieurs II

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Lot 400
Venise, XVIIIe siècle
Paire de porteurs d'offrandes

Laque européenne polychrome à l'or.
Ils reposent sur une terrasse mouvementée ornée de vase et de fleurs.
Inscription manuscrite à l'encre au verso : "Antonio Borghini Manoffata 1778 a signor Bu... Sempre Cena"

Haut. 22 Long. 22 Prof. 14 cm.

Provenance : collection particulière, Monaco.

Pair of polychrome lacquered Chinese figures made in Venice in the 18th century.

Bibliographie :
- Andrée Lorac-Gerbaud, "Les secrets du laque", Turin, Editions de l'Amateur, 1996, pp.100-105.
- Saul Levy, " Lacche veneziane settecentesche ", Milan, Görlich, 1999, vol. II, un modèle de ce type illustré planche 396.
- Monika Kopplin, "European Lacquer", Munich, Hirmer, 2010, pp. 26-30.

A Venise au XVIIIe siècle, l'art de vivre à la française est à la mode. De nombreux artisans collaborent pour décorer les bodoar, dérivés du boudoir français. Le "dépentore" y tient un rôle fondamental : son travail est l'imitation de la laque chinoise et japonaise. La technique est décrite par Morazzoni en 1958, depuis les étapes préparatoires, la réalisation de décor au pinceau ou à la plume jusqu'à la dorure au mordant. La laque conquiert alors tous les supports, les ornant de personnages "à la chinoise" mais aussi par la réalisation de sculptures laquées sur les mêmes thèmes. Même si les peintres se libèrent progressivement des modèles asiatiques, les décors orientaux restent en vogue avec la technique de la "lacca povera", réalisée par l'apposition d'estampes colorées recouvertes de sandaraque afin de donner l'illusion de la peinture. Cette nouveauté satisfait une demande de plus en plus importante d'objets laqués à décor de chinoiseries. Notre paire de sujets chinois, rappelant des serre-livres, illustrent l'engouement de la Sérénissime pour l'Empire du Milieu.

N.C.
Estimation : 3 500 € ~ 4 000 €
Venise, XVIIIe siècle 
Paire de porteurs d'offrandes 

Laque européenne polychrome...
Lot 400
Lot 446
Antoine Roux (Français, 1765-1835)
Bateaux et de paysages côtiers

Dessins au crayon noir.
Etiquette ancienne « 1790 » sur la couverture.

Haut. 32 Larg. 48 cm.

L'album comprend :
- Page 1 : Esquisse de voile repliée. Crayon noir. Petites taches, déchirure sur le bas de la page et pliures.
- Page 2 : Paysage de bord de mer. Crayon noir. Petites taches, déchirure sur le bas de la page et pliures.
- Page 3 : Vu du côté droit du Danaé. Crayon noir. Inscription « Danaé » en bas au centre, numérotée 1. Quelques taches.
- Page 5 : Un navire de ¾ dos et la poupe du navire. Crayon noir. Numérotée 2. Bon état général.
- Page 7 : Avant d’un navire vu du côté gauche. Crayon noir. Numérotée 3. Bon état général.
- Page 9 : Vue d’un petit village de pêcheur en pierre derrière les traits d’un navire. Crayon noir. Numérotée 4. Bon état général.
- Page 11 : Vue du côté droit du Suffren. Crayon noir. Porte l’inscription « Le Suffren » et « Le Suffren Capne Louvel » , numérotée 5. Bon état général avec deux petites trainées de lavis dans le coin supérieur gauche.
- Page 12 : Vue du côté gauche du Thémis. Crayon noir. Inscription « Le Thémis » au centre en bas. Bon état général.
- Page 13 : Vue du côté droit d’un navire. Crayon noir. Inscription « Poulin Junou» au centre en bas, numérotée 6. Bon état général.
- Page 15 : Vue du côté droit d’un navire. Crayon noir. Inscription « P.L.Donassert » , numérotée 7. Traces de frottements.
- Page 17 : Esquisse de flanc de navire. Crayon noir. Numérotée 8. Bon état.
- Page 18 : Vue du flanc droit du Pénélope. Crayon noir. Inscription « La Pénélope Capne Dubourdieu ». Quelques taches, pliures.
- Page 19 : Vue du flanc gauche du Robuste. Crayon noir. Inscription « Le Robuste », page numérotée 9. Quelques taches dans le coin inférieur droit.
- Page 21 : Vue du flanc gauche du Breslan. Crayon noir. Inscription « Le Breslan », page numérotée 10. Bon état général, petite tache au centre.
- Page 23 : Vue du flanc droit du Magnanime. Crayon noir. Inscription « Magnanime », page numérotée 11. Bon état général.
- Page 24 et 25 : Vue de la Seyne sur mer. Crayon noir et lavis gris. On trouve un croquis de la rade de Toulon en haut de la page 24 ainsi qu’une façade en haut de la page 25. Inscription « La Seyne » en bas au centre de la page 25, la page est numérotée 12. Bon état général.
- Page 27 : Vue de la Seyne sur mer. Crayon noir et lavis gris. On retrouve un essai de façade dans le coin supérieur droit. Inscription « La Seyne » en bas à droite, la page est numérotée 13. Bon état général.
- Page 28 : Vue d’une baie avec un village en arrière-plan. L’aquarelle est dans le sens inverse. Lavis gris sur traits de crayon noir. Bon état général.
- Page 29 : Croquis d’un bateau amarré à l’arsenal de Toulon. Crayon noir. Porte l’inscription « arsenal de Toulon », page numérotée 14. Bon état général.
- Page 30 : Deux paysages l’un au-dessus de l’autre. Lavis gris sur traits de crayon noir. Bon état général.
- Page 32 : Petit croquis d’un village de pêcheurs. Crayon noir. Porte l’inscription non déchiffrée. Nombreuses pliures.

Les pages 4, 6, 8, 14, 16, 20, 22, 26, 31 sont vierges.
Estimation : 800 € ~ 1 200 €
Antoine Roux (Français, 1765-1835) 
Bateaux et de paysages côtiers 

Dessins...
Lot 446
Lot 467
Attribué à Honoré Daumier (Français, 1808-1879)
Portrait-charge présumé de Portalis

Petit buste en terre crue polychromée.
Deux étiquettes à l'arrière, l'une avec l'inscription "h. Daumier".

Haut. 13,5 cm
Petits accidents et petits manques

Haut. 12,5 cm.

Provenance : collection normande.

Attributed to Daumier. Presumed caricature of Count Portalis. Polychrome clay.

Littérature en rapport : Edouard Papet, "Daumier : les célébrités du Juste milieu, 1832-1835 : étude et restauration", cat. exp., Paris, musée d'Orsay, 25 mai-28 août 2005, Paris, Réunion des musées nationaux, 2005.

LES TERRES CUITES DE DAUMIER

Entre 1832 et 1835, à la demande de l'éditeur Charles Philipon, fondateur de La Caricature et du Charivari, Honoré Daumier modèle une série de petits bustes en terre crue peints à l'huile caricaturant les figures politiques des premières années de la monarchie de Juillet : parlementaires, ministres, magistrats, tous plus ou moins proches d'un régime que la presse satirique désignait sous l'expression méprisante de "Juste Milieu". Ces effigies servent à l'artiste de modèles pour composer ses lithographies. Leur nombre original demeure inconnu. Trente-six seulement sont parvenus jusqu'à nous, conservées depuis 1980 au musée d'Orsay à Paris, après avoir été achetés en 1927 au petit-fils de Charles Philipon par l'éditeur d'art Maurice Le Garrec, qui les fit restaurer et mouler en raison de leur extrême fragilité avant de les éditer en bronze et en plâtre.

Le présent buste s'inscrirait donc dans cette production. L'identification présumée du modèle repose sur une confrontation méthodique avec le catalogue raisonné de l'œuvre lithographié établi par Hazard et Delteil (1904) : parmi les soixante-trois caricatures consacrées aux gens de justice, un seul sujet présente la réunion des traits caractéristiques de cette effigie : chevelure noire couvrant la totalité du crâne, nez en tubercule, joues rebondies, menton tombant sous la robe de magistrat. Il s'agirait de Joseph-Marie Portalis (1778-1858), fils du père du Code civil, ancien ministre des Cultes, puis premier président de la Cour de cassation de 1829 à 1852, représenté en pied par Daumier dans La Caricature du 3 juillet 1835.

La date de cette lithographie éclaire la charge politique de ce portrait. En juillet 1835, Portalis siège parmi les assesseurs de la chambre des pairs instruisant les procès d'avril, ces poursuites engagées contre les républicains à la suite de l'insurrection de 1834, au cours de laquelle le massacre de la rue Transnonain avait coûté la vie à des civils innocents. Cette répression judiciaire, que Daumier avait stigmatisée dans sa célèbre lithographie "Rue Transnonain, le 15 avril 1834", valut aux magistrats qui s'en firent les instruments d'être à leur tour la cible de sa verve. En brocardant Portalis, Daumier n'aurait pas seulement caricaturé un visage : il aurait instruit en argile un réquisitoire contre les serviteurs d'une justice aux ordres.

Faute de liste exhaustive réalisée du vivant de Daumier de ses portrait-charges, ces réserves d'attribution et d'identification formulées, le buste n'en constitue pas moins un témoignage plastique de premier ordre : celui d'une pratique créatrice, la sculpture comme laboratoire de la caricature, qui fit de ces fragiles terres crues l'un des ensembles les plus singuliers de l'art du XIXe siècle.
Estimation : 4 000 € ~ 6 000 €
Attribué à Honoré Daumier (Français, 1808-1879) 
Portrait-charge présumé de Portalis...
Lot 467
Lot 475
Félix Ziem (Français, 1821-1911)
Promenade en gondole sous les arbres, Venise

Panneau.
Signé en bas à droite, avec envoi "A Monsieur de Selves".

Haut. 53 Larg. 65 cm.
Cadre en stuc doré. 77 x 88 cm. Accidents, manques et restaurations.

Bibliographie :
- Anne Burdin-Hellebranth, "Félix Ziem. Catalogue raisonné", t. 1, Paris, 1998, des oeuvres en rapport aux numéros 787, 809, 827 et 851.
- "Félix Ziem, Saisir la lumière", cat. exp. Paris, Petit Palais, Milan, Silvana Editoriale, 2023, une oeuvre proche p. 60.

Provenance :
- vraisemblablement offert par l'artiste à Monsieur Justin de Selves (1848-1934), préfet du département de la Seine ;
- collection particulière, Berry.

Ziem. Gondola in the Venetian Lagoon. Panel given by the artist to the Prefect of Paris.

L’association Félix Ziem représentée par David Pluskwa, Mathias Ary Jan et Gérard Fabre a confirmé l’authenticité de cette œuvre et établi un certificat qui sera communiqué à l'acquéreur.

Le 13 décembre 1905, le jeune musée des Beaux-Arts de Paris, installé au Petit Palais inaugure la salle Ziem à la suite de la donation consentie par le peintre en juin de la même année. A cette occasion, le président de la République Emile Loubet est présent, à l'instar du préfet de la Seine, Justin de Selves qui prononce ses mots élogieux à destination du peintre : "Quelle inauguration pourrait davantage inspirer les sentiments [...]. Ziem, le héros du jour, y est avec ses aquarelles, ses albums de dessin, ses études, ses esquisses et ses tableaux. Ziem, qui sur sa palette miraculeuse, a su retrouver les couleurs de l'Orient, et avec un art prestigieux, traduire la splendeur des atmosphères enflammées et des eaux incendiées de soleil [...] la magie des ombres et de la lumière sur les eaux de Venise..." (in Pierre Miquel, Félix Ziem, Maurs-la-Jolie, Ed. de la Martinelle, 1978, p. 195).

Notre tableau avec son envoi à Monsieur de Selves a vraisemblablement été offert par Ziem à ce moment. Il illustre parfaitement de travail de l'artiste en s'attachant à représenter la navigation la plus emblématique de la Sérénissime : une gondole. S'abstenant de toute représentation architecturée, Ziem s'échappe ici de l'art des védutistes, pour transcrire la poésie du soleil se couchant sur la lagune vénitienne.

Brice Langlois
Estimation : 8 000 € ~ 12 000 €
Félix Ziem (Français, 1821-1911) 
Promenade en gondole sous les arbres,...
Lot 475
Lot 501
Célestin François-Louis Gosse (Français, 1833-1895)
Fonds d'atelier "d'architecture décorative & industrielle"

Comprenant de + 2.000 dessins au crayon ou à la plume sur feuilles ou calques.
Il se compose de 31 pochettes classées en différents thèmes : "intérieurs, antique, tapisseries, figures, divers, plafonds, sièges, néo, meubles, détails". Nombreux dessins en feuilles réunis dans des chemises intitulées notamment "Renaissance, Gothique, Cheminées, Sièges" et illustrant aussi des motifs d'Extrême-Orient. Ils présentent à la fois des oeuvres de jeunesse et de formation ainsi que des études et modèles à des fins ornementales.
Formats divers.

On retrouve également deux grands dessins encadrés dont une riche composition figurant une salle à manger (50 x 64 cm, accidents), un album à l'italienne, ainsi que des gravures diverses à l'instar de quatre plans d'exécution de l'Opéra Garnier gravé sur tissu.

Trois diplômes remis à l'artiste : Société des artistes français de l'Exposition de 1886 (mention honorable), Exposition Universelle de 1878 (médaille d'or - Groupe II, classe 11), Exposition Universelle de 1889 (médaille d'or - Groupe III, classe 18). 4 volumes de "L'Exposition universelle de 1889" par Monod (T.I à III, et album).

En l'état.

Provenance : descendance familiale, Berry.

Né le 12 janvier 1833 à Paris, Célestin François Louis Gosse se forme auprès de Louis Riquier (1792-1884). et Charles-Antoine Cambon (1802-1875). C'est auprès de ce dernier - qui réalisera notamment des décors architecturaux de l'Opéra Comique, des Bouffes-Parisiens et de l'Opéra Garnier - qu'il s'initie à cette pratique. Gosse participe régulièrement aux Salons entre 1869 et 1895 et se voit récompenser de deux médailles d'or aux Expositions Universelles de 1878 et 1889. Durant la première, il expose des "dessins d'intérieur" dans la Galerie des Arts au Champ de Mars dans la classe consacrée à "l'application usuelle des arts du dessin et de la plastique". Il s'illustre comme l'un des meilleurs représentants de sa discipline parmi les 35 ateliers de "peintres décorateurs d'intérieur et de monuments" installés à Paris à cette période. Nous présentons ainsi dans cette vente sa sa médaille d'or reçue dans cette classe à l'Exposition universelle de 1878 (n°502). La seconde, reçue pour l'Exposition Universelle de 1889 est pour lui l'occasion de présenter des dessins d'ameublement dans la classe relative "aux ouvrages du tapissier et du décorateur".

On retrouve cet artiste à plusieurs adresses au fur et à mesure de sa carrière : 13 rue de la Villette Villa Barthélémy à Belleville en 1869, puis au 182 rue du Faubourg Saint-Denis à Paris à partir de 1873, et au Plant de Champigny dans la Seine à l'impasse Saint-Amand au numéro 4 en 1889
Estimation : 1 000 €
Célestin François-Louis Gosse (Français, 1833-1895)
Fonds d'atelier "d'architecture décorative & industrielle"

Comprenant...
Lot 501
Lot 576
Raingo Frères
Garniture de cheminée

Onyx et bronze doré, composée d’une pendule et une paire de candélabres.
La pendule borne coiffée d’un carquois et un flambeau dans une couronne de laurier surmontant un cadran émaillé blanc indiquant les heures en chiffres romains, les minutes en chiffres arabes et chemin de fer. Signé « Raingo Fres / Paris », il est entouré de deux cornes d’abondance nouées et surmonte un bas-relief à décor de rinceaux. Six pieds godronnés. La platine numérotée « 172 » avec cachet de la maison Raingo Frères. Suspension Brocot.
Les candélabres à quatre lumières, la partie centrale coiffée d’une grenade, les binets décorés de feuilles d’acanthe en alternance de fleurettes. Les bras de lumière en rinceaux terminés par des grenades. Ils reposent sur un piédestal cannelé et rudenté entouré de cornes d’abondance. La base à trois bas-reliefs, celui du centre orné d’un carquois et un flambeau, les deux autres de guirlandes de laurier. Six pieds godronnés.

Epoque Napoléon III.

Pendule : Haut. 45 Larg. 35 Prof. 14,5 cm.
Candélabres : Haut. 50,5 cm.
(petits accidents, dont un petit fêle en façade, restaurations)

Provenance : ancienne collection du château de Maugué, Loir-et-Cher. Puis collection blésoise, place du château.

The Raingo Frères Company, France. An onyx and ormolu mantel clock and matching pair of candelabras. Napoleon III Period.

Bibliographie : Pierre Kjellberg, "Encyclopédie de la pendule française du Moyen-âge au XXe siècle", Paris, Les éditions de l’Amateur, 1997, un modèle très proche reproduit p. 476.

La Maison Raingo Frères, fondée en 1823, réunit les quatre fils de l’horloger Zacharie-Joseph Raingo, lui-même fils de Nicolas-Joseph et Marie-Magdelaine Decrolyet. Forte de ses réalisations, l’entreprise est récompensée d’une médaille de bronze par le jury de l’Exposition des Produits de l’Industrie en 1844. Les Raingo fournissent les plus hautes personnalités de l’époque, dont l’Empereur Napoléon III et son épouse l’Impératrice Eugénie à partir de 1860. La Maison Raingo est décrite comme l’une « des premières maisons de Paris [ ] par le mérite de ses produits ».
Estimation : 300 € ~ 500 €
Raingo Frères
Garniture de cheminée 

Onyx et bronze doré, composée d’une...
Lot 576
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