Disparu il y a plus de 120 ans, un chef-d’œuvre de Rodin redécouvert par hasard dans une maison près de Vierzon
Mardi 20 mai 2025
Connaissance des Arts, Agathe Hakoun

Auguste Rodin, Le Désespoir (détail), vers 1892-1893, marbre ©Rouillac

Il existe différentes versions de la sculpture. Ci-dessus celle du Museum of Art de Philadelphie. Auguste Rodin, Le Désespoir, 1906, marbre, Philadelphia Museum of Art
Le 8 juin prochain, la maison de ventes Rouillac mettra aux enchères Le Désespoir de Rodin. Disparu en 1906, ce précieux marbre a été redécouvert par hasard dans une maison entre la Sologne et le Berry.
Pendant des années, il trônait discrètement sur un piano dans une propriété près de Vierzon, entre la Sologne et le Berry (Centre-Val de Loire). Le 8 juin prochain, dans les jardins du château de Villandry (Indre-et-Loire), Rouillac vendra Le Désespoir (vers 1892-1893) d’Auguste Rodin (1840-1917). Estimé entre 500 000 et 700 000 euros, le marbre avait disparu depuis plus de 120 ans. « Il s’agit probablement du marbre le plus recherché mis en vente depuis des années », a déclaré Jérôme Le Blay, directeur du Comité Rodin, dans un message transmis à l’AFP.Un marbre rarissime
Comment l’œuvre a-t-elle pu être oubliée toutes ces années ? D’après Aymeric Rouillac, les propriétaires pensaient qu’il s’agissait d’un faux. Pour comprendre l’histoire de l’œuvre et vérifier son authenticité, le commissaire-priseur a réalisé une enquête généalogique. Lors de ses recherches, il a découvert que la famille possédait un ancêtre commissaire-priseur à Paris au début du XXe siècle, Paul Louis Chevalier, qui a certainement acquis la sculpture, avant de la transmettre de génération en génération dans la famille.Le Désespoir a ensuite été présenté au comité Rodin, créé en 2004 par Jérôme Le Blay, spécialiste de Rodin, et François Lorenceau, de la galerie Brame & Lorenceau qui prépare le catalogue critique de l’œuvre sculpté de l’artiste. Un mois et demi plus tard, le comité a confirmé qu’il s’agissait d’un marbre passé aux enchères lors de la vente de la collection d’Alexandre Blanc en 1906 à Paris et qu’il avait disparu de la circulation depuis. « C’est un marbre rarissime, confie Aymeric Rouillac à l’AFP. Sur près de 6 000 résultats de vente aux enchères concernant Rodin, dans les bases de données professionnelles du monde entier, on compte moins de 80 marbres ».
