Jeanne d'Arc « fait partie de la famille depuis toujours »
Mercredi 20 mai 2026
L'Est Républicain, Frédéric Plancard

Photo de mariage de Béatrice, devant le portrait de Jeanne d’Arc qui sera vendu aux enchères. Photo fournie par la famille.
« On parlait sans cesse de tante Jeanne. C’est quelqu’un qui fait partie de la famille depuis toujours. » Béatrice est descendante de Pierre, l’un des deux frères de Jeanne d’Arc. Oui, on parle bien de la bergère lorraine du XV e siècle, qui a reçu la mission de délivrer la France des Anglais. Des frères qui furent aussi ses compagnons d’armes.
Pierre appelé « du Lys » eut une fille, Catherine qui épousa Georges de Haldat dont la famille accola « du Lys » bien après. C’est cette branche, celle de Béatrice, qui a commandé un portrait exceptionnel qui sera vendu aux enchères le 7 juin prochain au château de Villandry. « On a beaucoup d’autres portraits de Jeanne qui n’ont pas cette valeur-là », précise Béatrice. Un tableau qui est « dans l’indivision entre mes frères et sœurs » et, actuellement, « mes parents sont dans un appartement dans une résidence senior et ils n’ont pas pu le garder. Après bien des hésitations, on a décidé de le vendre pour aider nos parents à continuer à vivre là où ils sont. Ça n’a pas été de gaieté de cœur. »
Deux siècles séparent donc Jeanne d’Arc de la jeune femme du portrait. Ce n’est donc pas « la Pucelle » qui est peinte. Aucun portrait d’elle ne nous est parvenu, à part un dessin, œuvre d’un greffier du Parlement de Paris qui ne l’a jamais vue. Alors qui est-elle ? « Souvent, à l’époque, lorsqu’une famille demandait le portrait de quelqu’un, ils proposaient une de leurs filles ou de leurs petites-filles pour poser. » Mais « ici, on n’en a absolument pas la preuve. » Il pourrait donc s’agir de la petite-nièce ou l’arrière petite-nièce de Jeanne d’Arc. C’est-à-dire, une personne qui lui est très proche.
« On a toujours dit qu’on descendait de Jeanne d’Arc »
Au départ, le portrait était accroché dans le château de Woinville en Meuse . « Je n’en ai pas de souvenir. C’était le frère aîné de mon grand-père qui y était. Mon grand-père lui, avait une propriété au château de Rosnes et là, je me souviens du portrait, il était dans le salon jaune. » Il avait déjà, à cette époque, été question de le vendre. « Mon grand-père avait dit « c’est quand même dommage. Essayons de nous arranger pour qu’il reste dans la famille » et lui avait pu le garder. C’est comme ça que papa l’a eu dans les partages. »
Un tableau symbolique car, « on a tous, ma sœur et moi des photos sous ce portrait. C‘était un peu automatique qu’on pose sous la protection de Jeanne d’Arc . On mettait nos mariages sous la protection de Jeanne d’Arc. » Un tableau qui a changé de propriétés. La photo de mariage de Béatrice a été prise, au domicile de ses parents, dans les Deux-Sèvres à Frontenay-Rohan. Le couple réside actuellement à La Rochelle en Charente-Maritime.
Ce tableau est toujours resté dans la famille de Béatrice, c’est-à-dire depuis quatre siècles. Sur celui-ci figurent les armes de Jeanne d’Arc. Une épée dressée sur fond d’azur, deux fleurs de lys de part et d’autre et une couronne enserrant la pointe de la lame. Des armoiries qui sont celles des du Lys, « celle des Haldat sont différentes. De tradition, dans la famille de Haldat du Lys, les garçons portent les armes des Haldat et les filles portent les armes des du Lys. Nous portons les armes exactes de Jeanne d’Arc. »
Et être descendant de la famille d’Arc, « ça a toujours été une fierté. C’est quelque chose qu’on a jamais caché. C’est émouvant. On a toujours dit qu’on descendait de Jeanne d’Arc et j’ai des petits enfants qui le disent. C’est une personnalité qu’on connaît bien. »
