Hommages à huit femmes

Jeudi 28 mai 2026

Challenges, Clémentine Pomeau-Peyre

Sainte Dorothée (entre 1630 et 1638), Artemisia Gentileschi. Estimée 200 000 à 300 000 euros.
Dans sa traditionnelle vente Garden Party de juin, Aymeric Rouillac a choisi de mettre en avant huit femmes, peintres, sculptrices, muses, combattantes : « De Camille Claudel internée pendant plus de trente ans à Artemisia Gentileschi, peintre baroque violée par son maître, et jusqu’à Marie Vassilieff, artiste de Montparnasse encore trop méconnue, elles ont toutes traversé des épreuves et ont parfois été oubliées. Cette vente leur rend hommage. » De Claudel, l’élève de Rodin, il présente La Vérité sortant du puits, fonte posthume (30 000 à 40 000 euros) qui est aussi un manifeste dreyfusard célébrant l’engagement d’Emile Zola contre l’antisémitisme. D’Artemisia Gentileschi, une Sainte Dorothée inédite (200 000 à 300 000 euros), datée entre 1630 et 1638, dont les traits rappellent ceux de l’artiste. De son côté, Marie Vassilieff bénéficie d’une journée entière de vente. « Nous dispersons la collection de Claude Bernès, indique le commissaire-priseur. Il était passionné par cette artiste protéiforme ayant fréquenté ou travaillé avec Matisse, Braque, Modigliani ou le Douanier Rousseau… » Son dessin à l’encre et à la gouache Le Banquet Braque (15 000 à 20 000 euros) en montre quelques-uns attablés dans la cantine qu’elle avait ouvert dans son atelier au moment de la Première Guerre mondiale. Parmi les 145 lots de cette collection figurent un portrait de Juliette Germain, épouse de l’un des mécènes de Marie Vassilieff (80 000 à 120 000 euros) ou un grand autoportrait à la poupée sur panneau (50 000 à 80 000 euros).

Vente par Rouillac, au Château de Villandry (Indre-et-Loire) du 5 au 8 juin. Rouillac.com
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