Une toile de la Saint-Pierre des Marins mise aux enchères

Lundi 01 juin 2026

Paris Normandie, Matthias Chaventré

Toute une atmosphère de Saint-Pierre des Marins retranscrite par Frank-Will. Maison Rouillac

La prestigieuse Maison Rouillac cédera aux enchères un tableau de Frank-Will, lors de la 38e vente Garden Party, au château de Villandry, samedi 6 juin 2026. II représente la fête des marins à Fécamp en 1922.


On est en 1922. Frank-Will peint sur le port de Fécamp, alors que l'église Saint-Étienne, que l'on aperçoit en arrière-plan sur son œuvre, est remplie pour la Messe du Grand pardon. « Elle ferme le point de fuite de la composition. Elle est notamment célébrée pour les marins disparus en mer ; une quête est organisée pour les familles », décrit la Maison Rouillac.

Le tableau « Saint-Pierre des Marins dans le port de Fécamp » sera présenté lors de la 38e vente Garden Party, au château de Villandry, en Touraine samedi à 14 h. Un événement organisé par cette étude de commissaires-priseurs à suivre sur Interenchères qui a déjà vendu un tableau méconnu du Havre en 2025.

Toute une atmosphère fécampoise

Aujourd'hui encore, la tradition de la Saint-Pierre des marins est respectée chaque premier dimanche de février, réunissant toute la ville. Elle a existé dès le XVe siècle, quand les morutiers allaient jusque dans les mers de Terre-Neuve, de Saint Pierre-et-Miquelon et du Groenland. Tombée en désuétude avec la fin de la Grande pêche, elle a été remise au goût du jour par l'Association des Terre-Neuvas de Fécamp.

L'acte de bravoure d'un jeune peintre

Alors que certains prient, Frank Will peint. « Bientôt les cloches vont sonner, la procession gagnera les quais et le bateau-pilote conduira l'évêque bénir chacun des terre-neuviers et leurs équipages », décrit la Maison Rouillac. La veille, la conférence des capitaines s'est tenue au syndicat des armateurs. « Le matin même, les couleurs ont été hissées devant l'hôtel de ville et la fanfare de la Lyre maritime a conduit le défilé à travers la ville.» Pour la Maison Rouillac, cette toile est « l'acte de bravoure d'un jeune peintre qui rend hommage à sa façon à la bravoure de jeunes marins fendant la mer et les flots ».

De Montmartre aux quais de Fécamp

L'année 1922 est charnière pour Frank-Will, de son vrai nom Frank William Boggs, fils du peintre Frank Myers Boggs. À 22 ans, c'est son premier séjour en Normandie. Il découvre Rouen, Honfleur, Fécamp et d'autres ports de la côte normande. 11 réalise nombre d'aquarelles et toiles, fasciné par les paysages maritimes. II en retranscrit l'ambiance. Son œuvre est toujours recherchée, des ports normands aux scènes parisiennes - lui qui était une figure emblématique de Montmartre durant l'entre deux-guerres.

Mesurant 170 sur 150 cm, l'œuvre Saint-Pierre des Marins dans le port de Fécamp sera mise à prix « symboliquement » à 3000 €. « Soit le coût de sa restauration, sa propriétaire voulant lui trouver une nouvelle destinée dans des conditions de conservation favorables », précise la Maison Rouillac. Fondée en 1983 par Philippe Rouillac, à Vendôme, puis rejointe par son fils Aymeric, elle s'est imposée sur le marché de l'art grâce à ses ventes prestigieuses organisées dans les châteaux de la Loire. Elle est l'une des plus célèbres études de commissaires-priseurs françaises hors de Paris.
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