Nessie au zoo de Beauval, un reptile marin âgé de 66 millions d’années
Vendredi 12 juin 2026
La Gazette Drouot, Caroline Legrand

Cet étonnant squelette d’Elasmosaurus ne manquera pas d’impressionner par ses 9 mètres de longueur. Vieux d’au moins 66 millions d’années, il se présente pourtant complet à presque 75 %.
Un animal pas comme les autres vous attend au zoo de Beauval : un squelette de reptile marin, baptisé comme il se doit Nessie en hommage au monstre du Loch Ness, ce descendant imaginaire avec lequel il partage un long cou. Cet Elasmosaurus appartient à la famille des Plésiosaures (de plesios, « proche », et sauria « lézard »). Ils apparurent au début du Mésozoïque, il y a 252,2 millions d’années, et disparurent — tout comme les dinosaures — à la fin du Crétacé supérieur, il y a 66 millions d’années. Si un grand nombre de fossiles de cette espèce ont été retrouvés en Amérique du Nord, notre Nessie provient des niveaux phosphatés du bassin de Khouribga au Maroc, l’un des plus importants gisements marins du Crétacé terminal. Les élasmosauridés étaient des superprédateurs, capables de suivre leurs proies durant de longues migrations. Ils regagnaient les côtes et les lagons peu profonds, tel ce bassin marocain, pour mettre leurs petits à l’abri. Ce squelette composite – c’est-à-dire constitué à partir de plusieurs individus – dévoile « un état général de conservation remarquable », selon le docteur en paléontologie Frédéric Lacombat. Il combine des os fossiles authentiques et des éléments de reconstitution moderne réalisés par impression 3D, la part des éléments originaux étant estimée entre 70 et 75 % de l’ensemble… « Ce qui représente un degré de conservation particulièrement élevé pour un élasmosaure provenant des phosphates maastrichtiens marocains », poursuit le scientifique. On retrouve le crâne – quasi complet – étroit et allongé, typique de la morphologie hydrodynamique des prédateurs piscivores, ainsi que de longues dents, fines, coniques et légèrement recourbées vers l’arrière, adaptées à la capture des proies mobiles. Cette dentition, rarement conservée, renforce l’intérêt de ce squelette, de même que la grande partie de la colonne vertébrale, incluant une série cervicale exceptionnellement développée composée d’environ cinquante vertèbres. Les membres antérieurs comme postérieurs sont des palettes natatoires qui permettaient une propulsion puissante. Le contraste anatomique entre le long cou gracile et le corps massif est impressionnant !
