RENÉ BENJAMIN, LE BALZACIEN DU XXe SIÈCLE

Dimanche 12 juillet 2026

Communiqué

René Benjamin à sa table de travail
Dédicace de René Benjamin sur le roman Gaspard qui lui valut le Goncourt 1915
René Benjamin, auteur et metteur en scène avec Harry Baur, Paris, 1937
Correspondance d'Anna de Noailles à René Benjamin
René Benjamin, conférencier tenant en haleine une salle de 1500 auditeurs
Correspondance de Sacha Guitry avec René Benjamin
Photo dédicacée de Charles Maurras à René Benjamin
Correspondance de René Benjamin à sa mère, 1925

Vente aux enchères exceptionnelle de l'intégralité des archives de René Benjamin (1885-1948), écrivain français, prix Goncourt 1915 et figure intellectuelle de l’entre-deux-guerres, comprenant ses manuscrits, correspondances, carnets de guerre et documents inédits, le mardi 6 octobre 2026 à 14h en son Manoir du Plessis à Savonnières (Indre-et-Loire) par la maison Rouillac.

« Je me suis dit : quels sont les grands ressorts éternels de l'humanité ? Le juge, le médecin, le professeur, le soldat, l'homme de gouvernement. Voilà les types de comédie qui survivent à tous les siècles. Prenons-les un à un ; allons les étudier dans leurs repères. » — René Benjamin, lettre à Élisabeth Lecoy, Mortagne, décembre 1914

VENTE RENÉ BENJAMIN (1885-1948)

La maison Rouillac propose aux enchères l'intégralité des archives de René Benjamin (1885–1948), prix Goncourt 1915 et membre de l'Académie Goncourt, réunissant plus de 10 000 pièces toutes origines confondues : manuscrits autographes, carnets inédits, correspondances croisées, photographies, publications originales avec dédicaces, affiches, épreuves d'imprimeur.

La vente couvrant l'arc complet d'une vie littéraire et intellectuelle hors norme se tiendra au manoir du Plessis, à Savonnières, la demeure même où Benjamin vécut et écrivit pendant près de trente ans.

Cet ensemble exceptionnel, préservé dans son intégralité pendant près d'un siècle au sein de la propriété familiale, est bien plus qu'un fonds d'archives littéraires : c'est une mise en abyme permettant d’éclairer les ressorts contemporains de la vie littéraire française. Des tranchées de 1914 à la Libération de 1944, l'époque de Benjamin résonne avec une acuité saisissante dans notre époque, elle aussi prise dans les tourments d'une situation internationale instable et la montée d'une polarisation politique aux extrêmes. Les fractures entre institutions et opinion, entre engagement esthétique et engagement idéologique, entre fidélité nationale et aveuglement politique, entre liberté d'expression et ordre travaillent toujours la démocratie et la vie intellectuelle française.

Balzac : le modèle absolu

René Benjamin et Honoré de Balzac sont liés par bien plus qu'une admiration littéraire : c’est avant tout une histoire d’amour. Élisabeth Lecoy, que Benjamin rencontre en 1914 à l'hôpital de Saumur où elle est infirmière bénévole. Fille du notaire de Saumur, elle grandit au château de Saché. C’est la demeure en Indre-et-Loire où Balzac avait séjourné à de nombreuses reprises, et où il situe Le lys dans la vallée. René Benjamin épouse Élisabeth, le 26 juin 1916, au château de Saché, quelques semaines après l'attribution du prix Goncourt. Le « Balzacien du XXe siècle » liait ainsi sa vie à celle de Balzac en épousant la fille de la maison même où l'auteur de La Comédie humaine avait écrit. Benjamin ne manque pas de le noter lui-même : « À mon mariage, Balzac était invisible et présent. »

Le couple s'installe plus tard au manoir du Plessis, à Savonnières, à quelques kilomètres de Saché et de Villandry. Benjamin y ancre son œuvre, y entretient sa correspondance avec Clémenceau, Maurras, Guitry, Copeau, Antoine, Daudet, de Noailles. Ses carnets, ses manuscrits et ses milliers de lettres dormaient entre ces murs pendant près d'un siècle. C'est à ce même endroit ancestral que la maison Rouillac les propose aujourd'hui aux enchères.

Le programme littéraire de Benjamin est directement inspiré de La Comédie humaine. Pour lui il s’agit ni plus ni moins que de peindre les Hommes, les institutions françaises et leurs acteurs dans une vaste série d'études de mœurs (la justice, l'armée, l'université, l'hôtel des ventes, le parlement, les hôpitaux). Sa Prodigieuse Vie d'Honoré de Balzac (Plon, 1925) est l'un des plus grands succès de librairie de l'entre-deux-guerres. Ses contemporains le voyaient unanimement comme le « nouveau Balzac » : un observateur impitoyable de la société française, armé d'un style au couteau.

Origines et formation (1885–1908)

René Benjamin naît le 20 mars 1885 à Paris dans une famille cultivée de la grande bourgeoisie. Son père, Ernest Benjamin (1854–1901), fondé de pouvoir dans le commerce est aussi un homme de lettres. Membre de la Société des Gens de Lettres, il est l’ami d'Octave Mirbeau et de François Coppée. Il laisse à son fils un double héritage : une passion littéraire et une mort jeune, en 1901, quand René n'a que seize ans. La vente propose les archives d'Ernest Benjamin : manuscrits inédits, carnets de comptes littéraires (1882–1901), revues de presse, photographies de famille, publications originales. Autant de pièces fondatrices pour comprendre le milieu dont René est issu.

Scolarisé au collège Rollin puis au lycée Henri IV, René Benjamin obtient brillamment sa licence ès lettres à la Sorbonne avant d'intégrer l'École normale supérieure, qu'il quitte en cours d'année. La vente inclut ses archives scolaires complètes : livrets de notes, billets d'admission aux concours généraux, cahiers manuscrits de cours, carnets de poèmes, saynètes jouées en famille sous le pseudonyme de « Japout », et volumes de commentaires manuscrits de toutes les pièces vues à la Comédie-Française entre 1904 et 1907.

Journalisme, satire et théâtre (1908–1914)

De retour du service militaire, Benjamin entre par le journalisme dans la vie littéraire, écrivant pour Gil Blas et L'Écho de Paris. En 1909, il publie à compte d'auteur chez Bernard Grasset son premier roman, Madame Bonheur, dont le brouillon manuscrit original de 291 pages est mis en vente. Suivent les grandes études de mœurs :
• La Farce de la Sorbonne (1911) — brouillon manuscrit en vente
• Les Justices de paix (Fayard, 1913), avec envoi autographe à sa future épouse — brouillon de 383 pages en vente
• L'Hôtel des Ventes (Georges Oudin, 1914), illustrations de Jean Lefort, exemplaire A sur papier du Japon — manuscrit, tapuscrit et édition originale en vente

Parallèlement, sa vocation théâtrale s'affirme. Comprendre est créée au théâtre Réjane le 30 avril 1908. En 1911, André Antoine monte Le Pacha à l'Odéon, dont le brouillon manuscrit, quarante-trois lettres autographes de correspondants, et lettres d'Antoine sont en vente.

La Grande Guerre et Gaspard, prix Goncourt 1915

Mobilisé le 5 août 1914 et grièvement blessé près de Verdun début septembre, Benjamin est transféré à l'hôpital de Saumur. Il y rencontre sa future femme Élisabeth Lecoy infirmière et y conçoit le personnage de Gaspard, inspiré d'un poilu nommé Colson. La vente propose les onze carnets de guerre manuscrits originaux (août 1914 – 1916), tenus quasi quotidiennement depuis les premières tranchées belges, et plus de 420 lettres échangées avec Élisabeth Lecoy entre octobre 1914 et novembre 1918. Ces quelques 1 600 pages manuscrites forment autant un roman d'amour qu’un manifeste littéraire et constituent un témoignage de guerre de première main. S’y ajoutent des dizaines de lettres de témoignages d’écrivains-poilus écrites des tranchées.

Publié à l'automne 1915 sur les encouragements de Lucien Descaves, Gaspard obtient le prix Goncourt à l'unanimité le 1er décembre 1915. La vente propose plusieurs éditions originales, dont le tirage spécial Devambez de 1917, le manuscrit complet, et plus de cent lettres de félicitations reçues lors de la parution.

Benjamin à la tribune : l'orateur et l'arrêt qui porte son nom

À partir de 1916, Benjamin se découvre une seconde vocation : conférencier. Recruté par le comité « L'Effort de la France et de ses alliés », il s’y révèle capable de tenir en haleine pendant deux heures une salle de mille à deux mille personnes. Il théorisera plus tard cet art dans son ouvrage posthume La Table et le verre d'eau. Histoire d'une passion (1946) : il bannit systématiquement de la scène le pupitre, la table et le verre d'eau, concevant la conférence comme une performance théâtrale où le corps, le geste et l'intonation comptent autant que le texte.

Au cours de sa carrière, Benjamin donnera plus de 1 400 conférences à travers la France et l'Europe, Belgique, Suisse, Allemagne, Italie, Roumanie, Afrique du Nord. Ces tournées sont une source de revenus considérables, mais se révèlent aussi génératrices de violents affrontements : ses interventions, marquées par une dénonciation féroce de l'école laïque et de la démocratie parlementaire, suscitent des contre-manifestations violentes, des tentatives d'étouffement physique et des interdictions préfectorales. C'est l'une de ces interdictions, prononcée par le maire de Nevers, qui donne naissance à l'une des décisions les plus importantes du droit administratif français.

Le 19 mai 1933, saisi d'un recours contre l'interdiction des conférences de l'écrivain, le Conseil d'État rend le célèbre arrêt Benjamin. La haute juridiction y pose le principe selon lequel une autorité municipale ne peut interdire une réunion publique que si les risques de troubles à l'ordre public sont d'une gravité telle qu'ils ne peuvent être surmontés par des forces de police suffisantes. La simple éventualité d'un désordre ne suffit pas : la liberté de réunion prime. Cet arrêt demeure depuis lors un pilier fondamental de la jurisprudence administrative française en matière de libertés publiques, enseigné dans toutes les facultés de droit. Un écrivain de la droite nationaliste est ainsi devenu l'éponyme d'une liberté républicaine cardinale.

La vente propose les archives complètes de ces tournées (agendas, cartons d'invitation, correspondances des organisateurs, manuscrits des conférences) ainsi que les récits haletants que Benjamin en faisait à son épouse dans ses lettres.

L'entre-deux-guerres : le Balzacien au travail (1919–1939)

Installé au Plessis, à Savonnières, Benjamin déploie une activité créatrice et polémique sans précédent. Ami intime de Charles Maurras et de Léon Daudet, collaborateur régulier de Candide et de Gringoire, il devient l'un des chroniqueurs les plus redoutés de la droite nationale. Parallèlement, il excelle dans la biographie lyrique et signe ses œuvres majeures.

Romans, études de mœurs et pamphlets : Le Palais et ses gens de justice (1919) — Grandgoujon (Fayard, 1920) — Antoine déchaîné (1921) — La Farce de la Sorbonne (rééd. augmentée, 1921) — Amadou bolcheviste (1920) — Valentine ou la folie démocratique (1924) — Minerve ou le Charcutier (1926) — Aliborons et démagogues (1927) — Les Augures de Genève (1929) — La Cour d'Assises (1931) — Chronique d'un temps troublé (1938) — Marie-Antoinette (1939)

Biographies lyriques : La Prodigieuse Vie d'Honoré de Balzac (Plon, 1925) — Le Soliloque de Maurice Barrès (1924) — À propos du tricentenaire de Molière : Courteline et Sacha Guitry (1922) — Sacha Guitry, roi du théâtre (1933) — Au soleil de la poésie. Sous l'œil en fleur de Madame de Noailles (1928) — Les Paroles du maréchal Joffre (1929) — Clémenceau dans la retraite (Plon, 1930) — Charles Maurras, ce fils de la mer (1932) — Molière (1936) — Mussolini et son peuple (Plon, 1937)

Théâtre : Le Médecin malade (1920) — La Pie borgne (Odéon, 1921) — Les Plaisirs du hasard (Vieux-Colombier, direction Jacques Copeau, 1922) — Il faut que chacun soit à sa place (Comédie des Champs-Élysées, 1924) — Paris (Porte Saint-Martin) — M. Fritz Franz Neumann (Bruxelles)

La vente propose les archives personnelles et de travail de cette période, notamment plus de 930 lettres autographes adressées à son épouse (1916–1939), 46 mini-agendas (1911–1944), trois carnets « Ce qu'un auteur gagne avec sa plume » (1920–1948), ainsi que les brouillons manuscrits, épreuves et correspondances de réception de la quasi-totalité de ces œuvres.

Benjamin et l'Académie Goncourt : du lauréat à l'exclu

La relation de René Benjamin avec l'Académie Goncourt couvre trente-trois ans et forme à elle seule un roman. Elle commence en 1915 sous les meilleurs auspices : c'est Lucien Descaves, membre fondateur de l'institution et mentor de Benjamin, qui pousse Gaspard vers le prix. Le roman est couronné à l'unanimité le 1er décembre 1915, au restaurant Drouant. Benjamin est alors convoyeur de train sur les routes de France, à quelques semaines de son mariage. Il entre ainsi dans la légende littéraire.

Vingt-trois ans plus tard, en mai 1938, Benjamin est élu à l'Académie Goncourt, succédant à Pol Neveux. C’est une distinction insigne : il est le premier lauréat du prix à rejoindre le jury. Cette élection couronne une carrière d'une densité exceptionnelle, mais elle se fait dans un climat déjà tendu. Benjamin et son ami Sacha Guitry, élu à son tour en juin 1939, forment au sein du jury une faction conservatrice. Avec Jean de La Varende et J.-H. Rosny jeune, ils s'opposent frontalement à Lucien Descaves, dont l'hostilité envers Guitry est notoire. Cette guerre de clans, faite de votes par correspondance escamotés et de déjeuners de substitution organisés en dehors de chez Drouant pour court-circuiter Descaves, préfigure les fractures de l'Occupation.

En décembre 1943, Benjamin et Guitry s'opposent à l'élection d'André Billy, adversaire de Guitry, et perdent. La Libération transforme cette querelle esthétique en affaire politique. Le Comité national des écrivains, organe de la résistance littéraire d'inspiration communiste, exige l'exclusion de Benjamin, Guitry, Ajalbert et La Varende sous l'accusation d'intelligence avec l'ennemi. L'Académie Goncourt prononce l'exclusion de Benjamin en 1947, au moment où il est encore sous le coup d'une procédure judiciaire.

En signe de provocation, Benjamin et Guitry attribuent en décembre 1947 leur propre prix Goncourt parallèle à Kléber Haedens pour Salut au Kentucky. L'Académie engage des poursuites. À l'issue du procès, Benjamin n'est pas condamné ; Guitry, en revanche, se voit affliger une amende sévère et démissionne de l'Académie en déclarant que la mort de Benjamin en octobre 1948 a rompu « le dernier lien » qui l'y attachait.

Benjamin riposte à son exclusion en rédigeant, entre avril et juillet 1948, La Galère des Goncourt. Ce violent pamphlet en forme de règlements de comptes publié à Genève, préfacé par Guitry, cible en particulier Descaves, auquel il devait pourtant sa première consécration.

La vente propose l'intégralité des archives relatives à cet épisode : télégrammes, dépêches Havas du jour de l'élection, lettres de Guitry, dossier du procès, manuscrits de La Galère des Goncourt.

L'aveuglement maréchaliste et la mort du fils (1940–1948)

Dès l'effondrement de juin 1940, Benjamin s'impose comme l'un des propagandistes les plus zélés de la Révolution nationale. Reçu à de très nombreuses reprises en audience privée par le maréchal Pétain, qu'il accompagne lors de déplacements officiels, il lui consacre une trilogie hagiographique : Le Maréchal et son peuple (Plon, 1941), Les Sept Étoiles de la France (1942), Le Grand Homme seul (1943), qui est complétée par Le Printemps tragique (1940), La Solitude d'Antoine (1941), Vérités et rêveries sur l'éducation (1941), L'Homme à la recherche de son âme (1943).

Cet aveuglement maréchaliste est total et sincère : Benjamin voit dans Pétain le chef providentiel, l'incarnation de l'autorité et de la tradition face au désordre démocratique qu'il pourfend depuis vingt ans. Il ne s'en distanciera jamais. Ce que son engagement révèle aussi, c'est sa constance absolue dans une ligne antiallemande que rien n'entame : nationaliste viscéralement hostile à l'occupant, il refuse la logique collaborationniste des milieux parisiens, Doriot, Déat en tête, qu'il méprise, et critique sévèrement Laval. Il ne prend aucune part aux politiques antisémites du régime.

L’illustration la plus éloquente de cette ligne est donnée par son fils aîné. Jean-Loup Benjamin, mobilisé dans l'Armée d'Afrique après le débarquement allié de novembre 1942, combat sous les couleurs de la France libre au sein du 4e régiment de tirailleurs marocains. Il participe aux campagnes de Tunisie, d'Italie, puis au débarquement de Provence. Interné à partir de novembre 1944 pour collaboration, René Benjamin apprend depuis sa cellule de détention à la clinique Saint-Grégoire de Saint-Symphorien la mort de Jean-Loup, tué par l'explosion d'une mine près de Mulhouse le 2 février 1945. Un fils mort pour la France libre, le père emprisonné pour avoir chanté un régime qu’il croyait au service de la France : le drame familial des Benjamin est un condensé du drame national.

L'Enfant tué (1946), confession de deuil nourrie des lettres de Jean-Loup, est son dernier grand livre. Un non-lieu est rendu en sa faveur le 7 avril 1948, les charges de collaboration ayant été abandonnées, le dossier d'instruction s'étant révélé vide. René Benjamin meurt le 4 octobre 1948 à la clinique Saint-Gatien de Tours, d'une crise cardiaque survenue des suites d'une embolie pulmonaire.

LES GRANDES PERSONNALITÉS DE LA VENTE

Octave Mirbeau — Manuscrit autographe original de L'Épidémie (18 pages in-4, mis au propre de sa main), reliure plein maroquin rouge signée Marius-Michel, avec envoi autographe de Sacha Guitry à René Benjamin : « Il était mon meilleur ami. Je l'aimais. Vous êtes mon ami le meilleur. Je vous aime. »
Sacha Guitry — Lot de correspondances, télégrammes, invitations à toutes les générales parisiennes des années 1930, allocution, photographie de Guitry entouré de René Benjamin et Élisabeth Lecoy. Guitry fut le soutien le plus fidèle de Benjamin jusqu'à la mort, partageant avec lui l'exclusion du Goncourt et le procès.
Anna de Noailles — Lot exceptionnel de plus de cent pages de notes manuscrites inédites (1922–1933), consignant dîners, conversations téléphoniques et confidences ; brouillon, manuscrit autographe (176 pages in-4) et épreuves de Au soleil de la poésie (1928) ; une centaine de lettres de réception dont une de Léon Daudet. Ces notes — où Barrès, Cocteau, Valéry, Maurras traversent les salons parisiens sous la plume acérée de Benjamin — sont parmi les documents les plus savoureux de la vente. Correspondances et dessin original de l’artiste.
Georges Clémenceau — 2 lettres autographes et 5 pneumatiques (1925), brouillons des lettres de Benjamin, ensemble de correspondances et notes pour la préparation de Clémenceau dans la retraite (1930).
Charles Maurras — 15 lettres autographes (1931–1932) et 9 lettres (1938–1943), épreuves d'impression de Charles Maurras, ce fils de la mer corrigées de la main de Maurras (dont une longue lettre de 12 pages dictant ses corrections), carnets de notes de Benjamin sur leurs entretiens.
Léon Daudet — 25 lettres autographes (1927–1942), correspondances de Julia Allard-Daudet (15 L.A.S., 1913–1936), Lucien Daudet (17 L.A.S., 1924–1944) et Marthe Allard-Daudet, seconde épouse (24 L.A.S./P.A.S., 1926–1960).
Jacques Copeau — 59 lettres autographes (1920–1946), correspondance inédite sur la création des Plaisirs du hasard au Vieux-Colombier et sur la méthode théâtrale.
André Antoine — 24 lettres autographes et signées (1911–1913), dont son exclusion du théâtre Pigalle par Rothschild, sa fin de vie misérable en zone occupée
Benito Mussolini — 2 envois autographes signés du Duce ; 2 laissez-passer pour audiences au Palazzo Venezia signés par Galeazzo Ciano (1935–1936) ; carnets de notes manuscrites de Benjamin sur ses conversations avec Mussolini ; brouillon manuscrit complet de Mussolini et son peuple (228 pages in-4) ; plus de 125 lettres de réception.
Le maréchal Pétain — Portraits dédicacés avec envois autographes signés, correspondances diverses, publications dédicacées.
Albert Ier roi des Belges, Marie Amélie reine du Portugal, Marie reine de Roumanie — Correspondances et photographie.
Jacques Belin, photographe — Exceptionnelle réunion de 190 tirages argentiques du Maroc entre 1940 et 1942
André Michelin et André Citroën — Correspondances, notes inédites
Rosny l’aîné, Rosny Jeune, La Varende, Larguier, Descaves, Carco — Correspondances des membres de l’Académie Goncourt
Courteline, Duhamel, Mauriac, Bernanos, Paul Bourget, Drieu la Rochelle, Henri Duvernois, Henri Massis, Paul Fort, Jérôme et Jean Tharaud, Maurice Barrès, Gyp, Albert Bonnard, George Bonnamour — Nombreuses lettres de confidences et d’estime d’hommes et femmes de lettres, publications originales dédicacées
Joachim Carvallo et le château de Villandry — Plus de 100 lettres et plus de 300 pages de notes sur la famille Carvallo propriétaires et restaurateurs du château de Villandry
Auguste Lumière « le savant » — Correspondances et publications dédicacées
Guy Arnoux, Benjamin Rabier, Fernand Maillaud, Emmanuel Fougerat, Sem, Jean Lefort, Louis Icart, Paul Iribé — Correspondances d’artistes peintres et illustrateurs, dessins originaux

CHRONOLOGIE SOMMAIRE

1885 - Naissance à Paris, 20 mars
1901 - Mort du père Ernest Benjamin (47 ans)
1908 - Comprendre, théâtre Réjane ; débuts journalistiques
1909 - Madame Bonheur (Grasset)
1911 - La Farce de la Sorbonne ; Le Pacha, Odéon
1913 - Les Justices de paix (Fayard)
1914 - L'Hôtel des Ventes ; mobilisé 5 août ; blessé près de Verdun ; rencontre Élisabeth Lecoy à Saumur
1915 - Gaspard — Prix Goncourt à l'unanimité (1er décembre, Drouant)
1916 - Mariage au château de Saché (26 juin) ; comité « L'Effort de la France »
1919 - Le Palais et ses gens de justice
1920 - Amadou bolcheviste ; Grandgoujon
1922 - Les Plaisirs du hasard (Vieux-Colombier, Copeau)
1924 - Valentine ou la folie démocratique
1925 - La Prodigieuse Vie d'Honoré de Balzac (Plon)
1928 - Au soleil de la poésie. Sous l'œil en fleur de Madame de Noailles
1930 - Clémenceau dans la retraite (Plon)
1932 - Charles Maurras, ce fils de la mer
1933 - Arrêt Benjamin (Conseil d'État, 19 mai) — pilier de la jurisprudence sur la liberté de réunion
1937 - Mussolini et son peuple (Plon)
1938 - Élu à l'Académie Goncourt (succède à Pol Neveux)
1939 - Marie-Antoinette ; Guitry élu au Goncourt
1940 - Installation à Savonnières ; soutien à la Révolution nationale
1941–43 - Trilogie Pétain
1944 - Arrestation (novembre)
1945 - Mort au combat de Jean-Loup Benjamin (2 février, Mulhouse), sous les couleurs de la France libre
1946 - L'Enfant tué
1947 - Exclusion de l'Académie Goncourt ; prix Goncourt parallèle à Haedens
1948 - Non-lieu (7 avril) ; La Galère des Goncourt ; mort à Tours le 4 octobre

PRATIQUE

Contact presse : Rouillac – Maison de ventes aux enchères | 22, bd Béranger 37000 Tours | Tél. : 02 54 80 24 24 | rouillac@rouillac.com | www.rouillac.com
Vente aux enchères publique — Mardi 6 octobre 2026 à 14h Manoir du Plessis, Savonnières (Indre-et-Loire)
Exposition des lots les jours précédant la vente — Dimanche 4 octobre de 15 à 17h, Lundi 5 octobre de 10 à 12h et de 14 à 17h, Mardi 6 octobre de 10 à 12h.
Causerie « René Benjamin dans ses meubles » — Dimanche 4 octobre à 16h.
Catalogue en cours de préparation.
Visuels disponibles sur demande.
Inscrivez-vous à notre newsletter :
Suivez-nous :