Monet, le Normand
Samedi 05 juin 2021
Ouest France, Christophe Penot

La toile qui sera présentée dimanche à Montbazon, au château d’Artigny, doit être saluée à cette aune : celle d'un maître appelé par une terre, par un lieu. On parle d’« événement ». Le mot n'est pas trop fort puisque tous les grands collectionneurs du monde sont sur les rangs, attirés par la gloire universelle de Monet et une estimation raisonnable : entre 1,5 et 2 millions d’euros. Mais les commissaires-priseurs, Philippe et Aymeric Rouillac, le savent bien : sur un marché de l’art qui n'a pas attendu les Dieppe saisie en 1882 par Claude Monet. Ce sera dimanche, à Tours, sur une estimation de 1,5 à 2 millions d’euros déconfinements pour perdre la tête, aucune estimation ne tient lorsqu’il s’agit de Monet. La preuve? Le Bassin aux nymphéas, adjugé 57,8 millions d’euros chez Sotheby’s, à New York, le 12 mai dernier. Soit, pour le vendeur, environ 45 millions de plus -value en dix-sept ans !Toutefois, l’important n'est-il point que La ville de Dieppe, tableau de 60 x 74 cm, décroché d'une collection particulière au Japon, se retrouve mis en vente, non pas chez Christie’s ou Sotheby’s, les deux géants planétaires, mais dans une étude familiale installée à Tours et à Vendôme? Étude — la meilleure de France — qui compte treize enchères millionnaires à son actif (série en cours) parce qu’elle multiplie la recherche fondamentale. Évidemment, son nouveau catalogue fait encore référence : 240 pages, mais une seule consacrée aux mises à prix et aux estimations. Quant au reste, il s’abandonne au génie de cet incomparable métier : l'art, l’histoire, le rare, le beau. Rafraîchissant !