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Marie Vassilieff : l'âge d'or de Montparnasse

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Lot 411
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Paysage espagnol, 1915

Toile.
Signée et datée.

Haut. 61 Larg. 46 cm.
Cadre : 50,5 x 65,5 cm.

Provenance :
- collection du docteur Germain, Mios ;
- collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°18.
Numérisation en très haute définition et passeport digital unique sécurisé dans la blockchain par Nüme accesible sur le site rouillac.com.

Bibliographie : Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 57.

Expositions :
- 1995, Marie Vassilieff - Eine Russische Künstlerin in Paris, Das Verborgene Museum, Berlin.
- 1998, Marie Vassilieff dans ses murs, musée du Montparnasse, Paris.
- 2015, In Search of. 0,10 - The Last Futurist Exhibition of Painting, Fondation Beyeler, Riehen-Bâle.

A l’été 1913, Marie Vassilieff emmène ses élèves travailler en Espagne : Fontarabie, Pasajes, Saint-Sébastien. Elle en rapporte des carnets et des toiles. Ce Paysage espagnol de 1915 en est le fruit le plus accompli. Vue plongeante sur un village : les toits se chevauchent en aplats de couleur pure, les volumes s’emboitent sans perspective classique, la géométrie s’impose. Le traitement rappelle les leçons de Cézanne digérées par le cubisme, mais la palette, chaude et franche, trahit la lumière basque et l’œil d’une coloriste formée par Matisse. L’œuvre a été exposée à Berlin en 1995, à Paris en 1998 et à la Fondation Beyeler de Riehen-Bâle en 2015 dans l’exposition consacrée à la Dernière exposition futuriste 0,10. Georges Hilaire, rendant compte de l’exposition Les Cubistes en 1973, regrettait explicitement l’absence de Vassilieff, saluant ses « compositions frémissantes de sensibilité douloureuse ». Cette toile en est l’une des preuves les plus convaincantes.
Estimation : 50 000 € ~ 80 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Paysage espagnol, 1915 

Toile.
Signée et datée.

Haut....
Lot 411
Lot 412
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Port d’Espagne, 1915

Toile.
Signée.
Titrée, signée et numérotée 5 au dos.

Haut. 45,5 Larg. 60 cm.
Cadre : 50 x 64,5 cm.

Provenance :
- collection Suzanne Michel, rue Norvins, Paris ;
- vente à Enghien-les-Bains, Me Goxe-Belaisch, 1er février 2009, n°43 ;
- vente à Paris, Me Pestel Debord, 30 novembre 2012, n°142 ;
- collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°95.
Numérisation en très haute définition et passeport digital unique sécurisé dans la blockchain par Nüme accesible sur le site rouillac.com.

Bibliographie : Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 100.

Exposition : 2015-2016, «  0, 10 : Malevich, Tatlin & The Birth of New Systems in Art », Musée Beyeler, Bâle.

A l’été 1913, Marie Vassilieff emmène ses élèves travailler en Espagne : Fontarabie, Pasajes, Saint-Sébastien. Elle en rapporte des carnets et des toiles. Là où le Paysage espagnol scrute la terre, ce Port d’Espagne s’ouvre sur la mer. Au premier plan, l’eau ; au fond, le village et le port ; au centre, un remorqueur rouge et noir dont la masse tranche avec les aplats clairs du ciel et des façades. La composition tient à la fois du cubisme avec sa fragmentation des plans et vue simultanée, et du futurisme, dans l’énergie mécanique dégagée par l’embarcation. C’est précisément ce type de toile que Vassilieff présente en Russie fin 1915 : des sujets très proches y côtoient les œuvres suprématistes de Tatline, Exter et Rodtchenko. Exposé à la Fondation Beyeler de Riehen-Bâle en 2015, le tableau témoigne d’une Vassilieff en pleine maîtrise, capable de synthétiser en une seule toile les deux grandes révolutions plastiques de son temps.
Estimation : 50 000 € ~ 80 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Port d’Espagne, 1915 
 
Toile. 
Signée.
Titrée,...
Lot 412
Lot 416
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Le Banquet Braque, 1917

Encre, gouache et lavis.

Haut. 24 Larg. 31 cm.
(trous de punaises dans les angles)
Cadre Béchet : 67 x 86 cm.

Provenance : collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°13.

Bibliographie :
- Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 77.
- Richardson John, "A life od Picassso : 1907-1917 : The painter of modern life", Random house, 1996.
- Gray Stephan, "Beatrice Hastings A literary life", Vicking-Pengouin, 2004.
- Rustenholz Alain, "Paris des avant-gardistes", Parigramme, 2004, couverture.

Expositions :
- 1990, Des artistes à la coupole Montparnasse 1918-1940, Musée Bourdelle, Paris.
- 1994, Fernand Léger 1911-1924, le rythme de la vie moderne, Kunstmuseum, Bâle.
- 1995, Marie Vassilieff - Eine Russische Künstlerin in Paris, Das Verborgene Museum, Berlin.
- 1998-1999, Kiki, reine de Montparnasse, musée municipal d’art, Kitakyushu ; musée d’art de Daïmaru, - Tokyo ; musée d’art de Kinetsu, Osaka ; musée préfectoral d’art moderne, Akita.
- 1998, Marie Vassilieff dans ses murs, musée du Montparnasse, Paris.
- 1999, Blaise Cendrars : « Je suis l’autre », Musée Strauhof, Zurich.
- 2001, L'école de Paris 1904-1929, musée d’art moderne de la Ville de Paris, Paris2003, Paris russe, musée national russe, Saint Pétersbourg.
- 2003, « Paris russe » , Musée national russe, Saint Petersbourg.
- 2004, Les musées parisiens :du cabinet de curiosité au musée virtuel, Musée Pasteur, Paris.
- 2005, Le modèle Picasso : Portraits, caricatures et dessins de presse, musée Picasso, Paris.
- 2007, Les Heures Chaudes de Montparnasse, musée du Montparnasse, Paris.
- 2009, Dis mois Blaise. Fernand Léger, Marc Chagall, Pablo Picasso et Blaise Cendrars, musée Marc Chagall, Nice ; musée Fernand Léger, Biot ; musée Picasso, Vallauris.
- 2014-2015, Blaise Cendrars au cœur des arts, musée des beaux-arts, La Chaux-de-Fonds.
- 2023, Le Paris de la Modernité 1905-1925, Petit-Palais, Paris.

Le banquet représenté a été tenu le 14 janvier 1917. On y voit Modigliani surgir à l’improviste par la porte suivi par Omar Chrouat, l'amant de Marie Vassilieff. Tout autour de la table : Marie avec un couteau à découper, Matisse tenant la dinde, Blaise Cendrars qui a perdu un bras à la guerre, Picasso, Marcelle Braque, Walther Halvorsen, Léger avec une casquette, Max Jacob, Béatrice Hastings, Alfredo Pina, son nouvel amant, un revolver à la main, puis Braque avec une couronne de lauriers, Juan Gris et un inconnu.
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Le Banquet Braque, 1917 

Encre, gouache...
Lot 416
Lot 437
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Autoportrait à la poupée-portrait, 1929

Panneau.
Signé et antidaté 1915.
Etiquettes d'expositions au revers, inscrit "acheté à Marie Vassilieff en la présence de Marc Vaux".

Haut. 55 Larg. 38 cm.
Cadre : 81 x 66 cm.

Provenance : collection Claude Bernès (1941-2025).

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernes nous le n°89.
Numérisation en très haute définition et passeport digital unique sécurisé dans la blockchain par Nüme accesible sur le site rouillac.com.

Bibliographie :
- « Des artistes à la coupole Montparnasse. 1918-1940 », Catalogue d’exposition au Musée Bourdelle, Paris, 1990, oeuvre reproduite p.21.
- Claude Bernes et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Sainte-Marguerite-des-Loges, 2017, oeuvre reproduite en couverture.

Expositions :
- 1949, Hommage à Marie Vassilief - Peintre de la grande époque de Montparnasse - Peintures - Masques - Dessins - Céramiques, Foyer du Montparnasse, Paris.
- 1990, Des artistes à la coupole Montparnasse 1918-1940, Musée Bourdelle, Paris.
- 1995, Marie Vassilieff - Eine Russische Künstlerin in Paris, Das Verborgene Museum, Berlin.
- 1996, Femmes et muses. Impressionnistes et modernes, NHK Promotions, Mitsukoshi Art museum, Tokyo ; musée d’art, Shimonoseki ; Kintetsu Art Museum, Osaka et Musée Huis Ben Bosch, Nagasaki.
- 1998, Marie Vassilieff dans ses murs, musée du Montparnasse, Paris.
- 1999, Saint Pétersbourg/Vavin, les Russes à Montparnasse, musée du Montparnasse, Paris.
- 2000, La section d’or (1912-1925), musée Betrand, Châteauroux.
- 2003, Paris russe, musée national russe, Saint Pétersbourg.

Marie Vassilieff s’est représentée en orante, les mains déployées de part et d’autre de sa poupée-portrait. Les deux visages se répondent : mêmes yeux azur, légèrement plus foncés chez la poupée. C’est une mise en abyme : un portrait au carré. Le fond d’éther argenté rappelle les délicats fonds à la coquille d’œuf de son ami Foujita. Si le regard de Marie semble se porter sur un spectacle qui la comble, celui de sa poupée trahit une inquiétude. Ce tableau, qui ornait la salle à manger de Claude Bernès, est l’œuvre emblématique de la collection. Il figure en couverture de l’ouvrage de référence Marie Vassilieff (Bernès et Noël, 2017) et a été exposé à Paris, Berlin, Tokyo et Saint-Pétersbourg. C’est l’œuvre qui fonde la légende.
Estimation : 50 000 € ~ 80 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Autoportrait à la poupée-portrait, 1929

Panneau.
Signé et...
Lot 437
Lot 445
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Moderne Salomé, 1931
dit aussi Adam, Grand Nu

Toile.
Signée et datée.

Haut. 155,70 Larg. 70 cm.
(rentoilée)
Cadre : 158 x 73 cm.

Provenance :
- collection Pierre Vassilieff ;
- collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°58.
Numérisation en très haute définition et passeport digital unique sécurisé dans la blockchain par Nüme accesible sur le site rouillac.com.

Bibliographie : Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 127.

Expositions :
- 1971, Œuvres postérieures au Cubisme de Marie Vassilieff (1920 à 1930), Galerie Philippe Hupel, Paris.
- 2002, Montparnasse : il était une fois les femmes, musée du Montparnasse, Paris.

En 1931, un jeune homme de vingt-trois ans entre dans la vie de Marie Vassilieff. Eric, fils de magistrat, blond aux yeux bleus, porte une cicatrice sur le nez qui renforce son charme classique. A quarante-sept ans, Marie le considère comme un fils aîné autant qu’un modèle. Répétiteur de Pierre, elle invente des farces avec lui. Mais cette relation reste suspendue : Vassilieff ne peut se libérer de sentiments antagonistes envers l’homosexualité. Le tableau le montre debout, arborant un sexe que l’on ne peut deviner, tenant dans sa main droite une tête de femme qu’il jette dans les flammes, dans l’autre une longue fleur verte. Fond noir, soleil rouge, nuages blancs : le style évoque Cranach. Cette Moderne Salomé ne jette pas la tête du Baptiste mais celle de Marie Vassilieff elle-même. C’est le miroir exact du pendant que constituera deux ans plus tard le portrait de Juliette Germain. Exposé en 1971, le tableau figurait dans l’appartement de Claude Bernès, accroché à droite de la porte d’entrée.
Estimation : 80 000 € ~ 120 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Moderne Salomé, 1931 
dit aussi Adam,...
Lot 445
Lot 446
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Eve, portrait de Juliette Germain, 1933

Toile.
Signée et datée.

Haut. 140 Larg. 70,5 cm.
Cadre : 142,5 x 72,5 cm.

Provenance :
- collection Pierre Vassilieff ;
- collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°17.
Numérisation en très haute définition et passeport digital unique sécurisé dans la blockchain par Nüme accesible sur le site rouillac.com.

Bibliographie : Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 126.

Expositions :
- 1995, Marie Vassilieff - Eine Russische Künstlerin in Paris, Das Verborgene Museum, Berlin.
- 1996, Femmes et muses. Impressionnistes et modernes, NHK Promotions, Mitsukoshi Art museum, Tokyo ; musée d’art, Shimonoseki ; Kintetsu Art Museum, Osaka et Musée Huis Ben Bosch, Nagasaki.
- 1998, Marie Vassilieff dans ses murs, musée du Montparnasse, Paris.
- 1999, Montparnasse. L’Europe des artistes, musée archéologique régionale, Aoste.
- 2000, Montparnasse et le XIVe arrondissement, mairie du XIVe arrondissement, Paris.
- 2003, L’atelier Montparnasse, Fondation Caja Vital Kutxa, Vitoria-Gasteiz.
- 2006, Montparnasse, musée du Montparnasse, Paris.

Juliette Germain est l’épouse du docteur Pierre-Raoul Germain, mécène et ami de Marie Vassilieff. Elle pose nue, debout, dans une frontalité absolue. Son allure de garçonne, sa carrure athlétique, son profil d’acier et son sexe glabre lui confèrent une présence statuaire que Vassilieff traite avec une économie de moyens radicale. Lauren Jimerson note que le corps de Juliette, réduit à une série de formes géométriques mouvantes, brouille délibérément les frontières entre anatomies masculine et féminine. Le tableau forme un diptyque avec la Moderne Salomé de 1931 : là où Eric jette la tête d’une femme dans les flammes, Juliette incarne la figure féminine renversée, ni mère ni épouse conventionnelle, mais une Eve sans péché originel. Ce n’est pas un portrait de commande : c’est une déclaration. Très exposée, cette œuvre est l’une des plus documentées de la collection Bernès.
Estimation : 80 000 € ~ 120 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Eve, portrait de Juliette Germain, 1933...
Lot 446
Lot 470
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940)
La Misère Noire, 1927

Manuscrit original unique illustré de 12 compositions originales contrecollées ou insérées, exécutées à l’encre de Chine, aquarelle, rehauts de gouache et vernis protecteur.
Le texte est écrit à l’encre noire en lettres capitales.

33 pp. sur papier Canson & Montgolfier les Annonay plié, monté et collé sur onglet, pour former une structure en leporello (fortes rousseurs).
Chemise couverte de plein vélin souple (petites déchirures).
Ex-libris gravé du Dr R. Germain apposé sur le contreplat.

Haut. 33 Larg. 26 cm.

Provenance :
- collection docteur Pierre-Raoul Germain (1885-1974),
- collection Claude Bernès (1941-2025).

En frontispice, une allégorie héraldique qui présente les "Armoiries de l’Ordre des Chevaliers de la Misère Noire", surmontées d'un personnage en chapeau de forme tenant palette et pinceaux. Wladimir Polissadiw semble ainsi lui-même se poser en fondateur et premier chevalier d'un ordre dédié à la célébration et à l'analyse de la déchéance. Cette mise en scène de l'artiste en "Dandy-Cosaque de la Misère" confirme la dimension profondément personnelle et autobiographique de cette œuvre unique.

S’ensuit un autoportrait de l’artiste, dit frère Cyrille au sein de la confrérie de la Rosace. Vêtu d’une bure bicolore et rapiécée, soulignant la pauvreté volontaire et le martyre, il se représente avec un œil masqué et versant des larmes, lisant la page d’un livre ouvert sur laquelle est écrit : « A dit à Cyrille le frère Angel : "J’ai assez de ta méchanceté" ». Cette scène suggère une souffrance à la fois physique et spirituelle, ainsi qu'une vision "intérieure" ou mystique, provoquée par la césure avec Jacques Brasilier qui a conduit à transformation du mouvement de La Rosace en celui de "La Misère Noire"

Sous le titre évocateur de La Misère Noire, Polissadiw nous livre un pamphlet métaphysique d'une noirceur absolue, un véritable cri de révolte contre le Progrès et la Modernité, adoptant un ton prophétique, presque biblique, pour scander l'agonie de la Misère Noire. L'auteur y opère une distinction sémantique et sociale entre la "Pauvreté" - jadis noble, franciscaine et pittoresque (incarnée par la figure du Cosaque ou du poète) - et la "Misère", produit corrompu de l'ère industrielle et du capitalisme triomphant, et "Noire" car elle est sans issue et sans lumière.

L'œuvre raconte la chute d’un monde, de l'ennui mortifère du banquier riche à l'agonie sordide du pauvre dévoré par les punaises. La "Misère Noire" y est personnifiée comme une entité spectrale, une danseuse macabre qui investit les palais désertés. Le récit culmine dans un phantasme visionnaire où l'homme, réduit à l'état de combustible, s'auto-consume dans la "locomotive du Progrès".

L'épilogue, particulièrement sombre et d'un nihilisme cinglant, conclut sur l'indifférence du monde face à la disparition de la souffrance, signant la fin d'une humanité qui a perdu jusqu'à la capacité de ressentir son propre malheur. La disparition de la misère n'apporte pas le bonheur, mais un silence assourdissant et des journées "un peu plus longues". C'est l'idée que la souffrance, aussi terrible soit-elle, était la dernière chose qui donnait un rythme à l'existence humaine.

Polissadiw use de l'anthropomorphisme, traitant la Misère comme un personnage vivant (elle "tressaille", elle "se couche", elle "épouse un brave homme", donnant ainsi au texte une dimension de conte cruel ou de fable fantastique.

Les scènes aux traits noirs nerveux, anguleux et aux visages déformés, oscillent entre le grotesque satirique (scènes de banquets et d’oisiveté bourgeoise) et le macabre (visions de cadavres, allégories de la Mort et de la faim). L'influence des maîtres de la gravure et de la satire sociale de l'époque (tels que George Grosz ou Otto Dix) est manifeste, tout en conservant une mélancolie slave propre à l'auteur. Il ancre son œuvre dans une réalité crue et matérielle, pouvant résumer son style comme un expressionnisme narratif à forte charge symbolique, qui ne cherche pas à plaire (esthétisme) mais à provoquer une prise de conscience (esthétique).

Oeuvre unique d'un artiste avant-gardiste, un témoignage sociologique et artistique singulier sur l'angoisse du début des années 30, conséquence de la crise économique de 1929.
Estimation : 5 000 € ~ 8 000 €
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940) 
La Misère Noire, 1927  

Manuscrit...
Lot 470
Lot 471
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940)
Les actualités mondiales, 1929-1931

Manuscrit original illustré de 12 compositions dessinées et peintes, exécutées à l’encre de Chine, aquarelle, rehauts de gouache et vernis protecteur.

32 pp. sur papier vélin plié, monté et collé sur onglet, pour former une structure en leporello.
Chemise recouverte de plein vélin souple.

Haut. 18,5 Larg. 17 cm.

Provenance :
- collection docteur Pierre-Raoul Germain (1885-1974),
- collection Claude Bernès (1941-2025).

Joint : 2 manuscrits par Cyrille Polissadiw (1912-1950) dit le Mineur, fils de Wladimir Polissadiw :

- La Vie de Saint Paul
Manuscrit original illustré de 24 miniatures sur papier, contrecollées, exécutées à l’encre, crayon, aquarelle et rehauts de gouache.
25 pp. sur papier Canson & Montgolfier les Annonay, plié, monté et collé pour former une structure en leporello.
Chemise recouverte de toile noire (accidents).
Haut. 18,5 Larg.17 cm.

- La Chanson de Roland
Manuscrit original illustré de quatre plaches originales à l’aquarelle, gouache et encre de Chine.
8 pp. sur papier fort, collé et attaché par un cordon.
Couverture sur papier vélin (détachée et importants manques).
Haut. 18,5 Larg. 13,5 cm.

"Les actualités mondiales" est un exceptionnel manuscrit original, exécuté entre le 25 juin 1929 et le 30 mai 1931 au sein de la cité d'artistes "La Ruche" à Montparnasse. Il se décline en une introduction calligraphiée, une préface d’André Dahl, directeur de cabarets artistiques, et de 12 tableaux originaux accompagnés chacun d'un texte littéraire et satirique.

Polissadiw utilise un ton prophétique et moqueur, voire un humour "Ubu-esque", comme le souligne André Dahl dans l'introduction, comparant l’auteur à un "Ubu-metteur en scène", sur les pas d'Alfred Jarry. Il utilise l'absurde pour démasquer la "bêtise" universelle. Véritable oeuvre pataphysique (la "science des solutions imaginaires"), l’artiste s'amuse à télescoper l'histoire sainte, les légendes médiévales et la modernité industrielle. Il revendique l'arbitraire et rejette la "grande" Histoire (politique et guerres) pour ne retenir que des "faits divers" qu'il juge plus révélateurs de l'âme humaine.

Ainsi l'ouvrage propose une "Histoire du Monde" parodique résumée en une demi-journée symbolique, de 1h du matin à midi. Polissadiw y déconstruit la chronologie officielle pour ne retenir que des "faits divers" à portée universelle, y fustigeant la "monotonie exaspérante" de la politique pour privilégier le rêve et l'absurde. Il pratique l'anachronisme volontaire et le rabaissement des héros (Socrate, Napoléon, Adam et Eve) et critique la modernité et l’industrialisation.

Liste des 12 Tableaux (Synthèse de l'Histoire) : 1h : Adam et Eve - 2h : Socrate - 3h : Lindbergh - 4h : Napoléon devant Moscou - 5h : La Création de la femme - 6h : Le Moulin en danger - 7h : Saint Nicolas apaise la mer - 8h : L'Abbé Charles - 9h : Dans les Alpes - 10h : L'Arbalète est vouée au Diable - 11h : New York - Midi : L'Eclipse de Londres (1927)

La présence à la fin de l’ouvrage d’un carton prospectus annonçant que les 12 tableaux font partie du programme de lanterne magique projeté au Ciné Latin, suggère que ce manuscrit pouvait servir de maquette pour les plaques de verre projetées (la Vitromagie) ou comme script pour le narrateur pendant la projection.

Il s'agit d'un témoignage artistique singulier et rare de l'esprit iconoclaste de l'entre-deux-guerres à Paris.
Estimation : 3 000 € ~ 5 000 €
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940) 
Les actualités mondiales, 1929-1931 

Manuscrit original...
Lot 471
Lot 472
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940)
Art religieux, 1935-1936

Manuscrit original unique en deux fascicules autographes illustrés de 12 vignettes et 8 compositions.
Texte entièrement manuscrit à l'encre noire (calligraphie en capitales) et illustrations originales à la gouache et rehauts d'or (insérées).

11 et 10 pp., papier fort bristol (timbre sec "Bristol / FG"), plié, monté et collé sur onglet
Chaque fascicule conservé sous une chemise recouverte de plein vélin souple
Ex-libris gravé du Dr R. Germain apposé sur le contreplat de chaque fascicule

Haut. 35 Larg. 26,5 cm.

Provenance :
- collection docteur Pierre-Raoul Germain (1885-1974) ;
- collection Claude Bernès (1941-2025).

Fascicule I (1935)
Sur la page de titre, porte la mention manuscrite « Edition originale, exemplaire unique n°1 / Paris 1935 » suivie de la signature de l’artiste.
Véritable plaidoyer pour le renouveau de l’art chrétien, l’auteur compile des citations de critiques d’art de l’époque confrontant et révélant son approche artistique, présentée comme une alternative spirituelle à la modernité radicale, osant même une comparaison avec le cubisme et Pablo Picasso.
Le texte est illustré de 10 petites vignettes légendées in-texte, et de 4 grandes compositions hors texte pleine page représentant différentes versions de la Vierge à l'Enfant à la manière du type Hodigitria aux couleurs or/argent et couleurs vives (bleu lapis, rouge profond).

Fascicule II (1936)
Dans ce fascicule, Polissadiw énonce un discours mystique et radical sur la "Vérité" en art, et une critique virulente de l'esprit de "Montparnasse" et de l'orgueil de l'artiste moderne.
Outre les 8 vignettes in-t., 4 peintures pleine page h.t. : Le Christ en Majesté (Le Verbe) ; La Nativité (Scène de la crèche) ; La Crucifixion (Le Calvaire) ; Saint Dominique (L'épisode de Lépante et le Rosaire).
Il déclare que ces œuvres sont "initiales" et qu'aucune reproduction ultérieure ne sera autorisée par lui.
Estimation : 1 500 € ~ 3 000 €
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940) 
Art religieux, 1935-1936 

Manuscrit original unique...
Lot 472
Lot 473
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940)
Le Livre d’or de la Rosace, 1924-1927

Deux manuscrits originaux, grand et petit format.

Le Livre d'Or de la Rosace - Dix articles de Frère Angel développés par le Frère Cyrille
Manuscrit original unique illustré de 12 dessins gouachés et aquarellés, 25 pp., papier Canson & Montgolfier plié, monté et collé sur onglet
Couverture en plein vélin souple
Haut. 35 Larg. 27 cm
Exposition : 37e Salon des Indépendants, Paris, 1926.

Le Livre d’or de la Rosace
Manuscrit original unique illustré de quatre dessins aquarellés et rehauts de gouache et d'un dessin à la gouache et aquarelle.
24 pp., papier Canson & Montgolfier plié, monté et collé sur onglet
Reliure couverte en vélin souple
Haut. 24,5 Larg. 16 cm

Provenance :
- collection docteur Pierre-Raoul Germain (1885-1974),
- collection Claude Bernès (1941-2025).

Texte fondateur du mouvement artistique et spirituel de la Rosace, ces deux manuscrits au texte copié à l’encre en lettres capitales sont structurés en articles de loi, l’article 1 officialisant la restauration du mouvement.

La petite version met à l'honneur Jacques Brasilier, dit Frère Angel, qui est désigné comme le fondateur et « Chef et Roi pour la vie », plaçant le mouvement sous l'égide de la spiritualité de Saint François d’Assise. Le but du mouvement est le « relèvement de l'art dans le Christ », et de restaurer un art sacré qui ne soit pas seulement esthétique mais une véritable puissance temporelle, sacralisant l’idéal de pauvreté, opposé au marché de l'art bourgeois et marchand. Le mouvement est hiérarchisé avec un « Conseil du Roi », des « Zélateurs » (pour la direction artistique) et des « Compagnons de la Rose ». Le texte définit explicitement La Rosace comme une monarchie d’essence théocratique de l’art, où l'artiste est un chevalier au service du Christ. L'article 12 prône le « Rythme Libre » ou « l'Air-Aile », qui suggère une volonté de s'affranchir des règles académiques rigides (les « règles mensurales ») pour atteindre une « contemplation » supérieure. C'est une tentative de lier la modernité (la notion d'espace-temps) à la tradition mystique.

A la fin du texte, une partie a été ajoutée par l’auteur pour expliquer la chute et la fin du mouvement de la Rosace, à la suite du mariage et au retrait de frère Angel, au rapprochement avorté avec la Misène Noire et l’interdiction du bal en 1927, mentionnant que ce « grandiose plan de campagne » ne fut jamais pleinement réalisé à cause « d'intrigues d'ennemis » et de « trahisons d'amis », tandis que le Frère Cyrille finit dans « l'inconnu et l'oubli », calomnié.

Dans la grande version, on découvre le nom d’autres frères composant « la petite phalange » : Frère Eugène, Frère Lucien (le sculpteur italien Gualino), Frère Lin, Frère Henri (Charlier) et Frère Py, ainsi que de nombreuses anecdotes concernant la vie de frère Angel (Jacques Brasilier) et du mouvement de la Rosace avant 1924.

Cette grande version plus aboutie est illustrée par une riche iconographie en couleurs (gouache et aquarelle), contrecollée ou insérée à la manière des enlumineurs, dans un style de cloisonnisme et de cubisme spirituel. Les scènes représentent : le chef et roi frère Angel en chevalier ; procession de l’armée spirituelle de la Rosace, vêtues de bures et d’armures stylisées ; le frère Cyrille dans sa détresse ; Notre-Dame de la Rosace ; Deux zélateurs désignés (frère Cyrille et frère Henri) ; frère Angel qui harangue ses chevaliers de l’art ; le frère Angel établit son identité en confessant la Sainte Trinité ; dépôt en 1912 d’une gerbe au pied de la statue de Jeanne d’Arc ; prédication en 1913 à la salle Alcazar ; etc.
Estimation : 3 000 € ~ 5 000 €
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940) 
Le Livre d’or de la Rosace,...
Lot 473
Lot 474
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940)
Le Voleur Inconnu, Poème Incompréhensible, 1932

Manuscrit original unique illustré de 21 dessins en pleine page, technique mixte : pastel, crayon gras, encre de Chine, aquarelle, vernis protecteur.
Le texte est écrit à l’encre noire en lettres capitales.

30 pp. sur papier vélin plié, monté et collé sur onglet, pour former une structure en leporello.
Chemise recouverte de plein vélin souple.
Ex-libris gravé du Dr R. Germain apposé sur le contreplat.

Haut. 35 Larg. 26,5 cm

Provenance :
- collection docteur Pierre-Raoul Germain (1885-1974) ;
- collection Claude Bernès (1941-2025).

Wladimir Polissadiw livre ici une œuvre hybride, à la fois recueil poétique irrationnel et une galerie de pastiches peints.

Le sous-titre Poème incompréhensible place d'emblée la composition entre la Pataphysique et le Surréalisme, le texte narrant une enquête policière à la poursuite du "Voleur Inconnu", symbole d’une métaphore de l'insaisissable.

Le manuscrit se présente comme une épopée satirique et absurde divisée en plusieurs séquences : le prologue qui introduit les personnages (brigadier, Eléphantine) ; une galerie des styles ou pastiches où le "Voleur" est représenté selon les codes esthétiques de la période Art Déco du début des années 30 (cubisme, modernisme, réalisme, expressionnisme) inspiré par les artistes peintres contemporains (Picasso, Foujita, Modigliani) ; l’enquête illustrée d’une série de scènes satiriques et caricaturales, une critique acerbe des institutions (armée, justice, Etat) et des courants sociétaux de l’époque ; l’épilogue marquant l'entrée de l'absurde dans l'histoire, c’est-à-dire le voleur inconnu installé au Panthéon.

Avec "un genre indéfinissable", Polissadiw montre qu'il est un observateur aiguisé de son temps. Il ne se contente pas de parodier les "maîtres" (Picasso, Foujita), il capture aussi l'évolution des identités sociales. Le voleur n'est pas seulement celui qui prend les biens, c'est celui qui dérobe les apparences et refuse d'être mis dans une case.

Rarissime objet de curiosité bibliophilique.
Estimation : 5 000 € ~ 8 000 €
Wladimir Polissadiw (Franco-Ukrainien, 1883-1940) 
Le Voleur Inconnu, Poème Incompréhensible, 1932

Manuscrit...
Lot 474
Lot 503
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
La Bohème du XXe siècle - Mémoires de Marie Vassielieff

Tapuscrit complet tapuscrit mis au propre avec quelques corrections et ajouts à plusieurs mains, dont celles de l’artiste.

225 pp. in-4 + 3 pages in-8 manuscrites écrites par Marie Vassilief.

Provenance : collection Claude Bernès (1941-2025)

Ces mémoires sont une « Arlésienne » éditoriale. De 1929 à 1953, Marie Vassilieff cherche sans relâche un éditeur. Gallimard, Albin Michel, des maisons anglaises et américaines : tous reconnaissent l’intérêt du manuscrit, nul ne se décide. Deux copies confiées à Jean Cocteau et à l’éditeur Jacques Damase disparaissent mystérieusement. Un projet américain reste lettre morte.

Le tapuscrit présenté ici est la version définitive des mémoires, comprenant les deux parties, rédigée après 1945. Sur la première page, au-dessus du titre, une apostille au crayon de la main de l’artiste indique son adresse : « Marie Vassilieff, 19 bis rue Boulainvilliers, 16e » l’appartement que son fils Pierre, lui laissa entre 1948 et 1953. Insérées entre les pages 164 et 165, trois pages in-8 manuscrites de sa main relatent le mensonge inventé pour dissimuler à Pierre l’identité de son père biologique. Ce passage d’une intimité bouleversante est absent de toutes les autres versions connues.

Seul un tapuscrit complet était jusqu’ici répertorié : à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Il manque des dizaines de feuillets au second publié en 2018 aux éditions Paradox. Celui-ci constitue le deuxième exemplaire complet rendu public et le seul à contenir ces ajouts autographes.
Estimation : 1 500 € ~ 2 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
La Bohème du XXe siècle -...
Lot 503
Lot 507
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Charlotte et Paul Wacker au Pierrot, 1929

Carton entoilé à fond d'argent.
Signée, située Paris et datée du 23 mars 1929.
Titré au dos avec l'adresse du peintre "37 rue Froidevaux Paris 14".

Haut. 52 Larg. 64 cm (àvue).
Cadre : 88,5 x 101,5 cm.

Provenance : collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°20.

Bibliographie :
- "Paris Montparnasse", 15 mars 1929, oeuvre reproduite.
- Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 118.

Exposition : 1998, « Marie Vassilief dans ses murs », Musée du Montparnasse, Paris.

Au tournant des années trente, Marie Vassilieff exécute une série d’éblouissants portraits à fond d’argent plus ou moins modulé. Charlotte et Paul Wacker se disputent la complicité de Pierrot le poupon, la poupée de 1922. La poupée est un personnage récurrent dans cet univers, où Pierrot, Colombine et Arlequin incarnent les masques de la vie parisienne. Le fond d’argent laqué, les incisions minimes, le recours à l’équilibre sous-jacent des couleurs primaires font penser aux papiers découpés de Matisse. L’assemblage des papiers collés, la tradition byzantine des icônes et les éclats de mosaïques de Ravenne s’inscrivent dans une même langue visuelle secrète et personnelle. Exposé à Paris en 1998 et reproduit dans Paris Montparnasse en 1929, ce tableau appartient à une série qui constitue l’un des sommets méconnus de son œuvre des années folles.
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Charlotte et Paul Wacker au Pierrot,...
Lot 507
Lot 514
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Georges Collard au clairon et au chien, 1929

Huile sur carton.
Signée, situé Paris et datée 22 mars 1929.

Haut. 65 Larg. 54 cm.
(restauration)

Provenance : collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°91

Bibliographie :
- « Paris-Tunis, peintres en mouvement », Catalogue d’exposition ,Centre d’art et de culture de Tunisie à Dar Cherif, 2010.
- Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 119.

Exposition : 2010, « Paris-Tunis, peintres en mouvement », Centre d’art et de culture de Tunisie, Dar Cherif.

Georges Collard s’exerce à jouer du piston pour tenter de charmer un chiot ou une autruche. La stylisation éloquente fait mouche. Marie Vassilieff rêve de prolonger l’enfance de son fils en citant les poupées et les dessins l’ayant subjugué enfant. A treize ans, lors de ses premières années au pensionnat de l’Ecole de Commerce et de l’Industrie de Montargis, son travail s’est même détérioré, et il lui manque déjà la présence de sa mère. Ce tableau appartient à la série des portraits d’enfants des années 1929-1930, dans laquelle Vassilieff capture avec une acuité tendre l’âge intermédiaire entre l’enfance et l’émancipation. La stylisation, inspirée à la fois du cubisme et de l’imagerie populaire russe, confère à ces petits personnages une présence presque marionnettique
Estimation : 15 000 € ~ 20 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Georges Collard au clairon et au...
Lot 514
Lot 531
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957)
Autoportrait à la chaussure, c. 1948

Panneau.
Signé.
Etiquette avec l'inscription "Marie Vassilieff, 14 rue Charles VIII, Nogent sur Marne, portrait de l'artiste par elle-même".
Etiquette d'exposition : Expressionniste du réel expressionniste fantastique, n°3502.

Haut. 47 Larg. 37 cm.
Cadre : 70,5 x 56,5 cm.

Provenance : collection Claude Bernès (1941-2025), Paris.

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives Claude Bernès sous le n°252.

Bibliographie : Claude Bernès et Benoît Noël, "Marie Vassilieff", éditions BVR, Livarot, oeuvre reproduite p. 139.

Sur fond noir, Marie Vassilieff se représente légèrement penchée, les yeux bleus cerclés de lunettes rondes, les cheveux gris coupés court. Contre son corps, elle tient une grande poupée de Vierge noire au vêtement blanc, une croix noire autour du cou, le visage auréolé à la façon du caoutchouc mi-icône byzantine, mi totem africain. Devant sa main gauche, une chaussure. Ce tableau place l’artiste face à sa créature, la femme face à son double sacré, le corps vieillissant face à l’objet fétiche. La chaussure, accessoire dérisoire et prosaïque, introduit une note d’humour noir dans cette scène d’une gravité mystique. Jimerson note que lorsque Vassilieff se représente avec ses poupées, le corps élancé de celles-ci n’exhibe aucune caractéristique masculine ou féminine prolongeant dans la peinture la question de l’androgynie qui traverse toute son œuvre.
Estimation : 20 000 € ~ 30 000 €
Marie Vassilieff (Franco-Russe, 1884-1957) 
Autoportrait à la chaussure, c. 1948...
Lot 531
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