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Un cheval pour le Nouvel An chinois

Samedi 21 février 2026 à 07h

Cette semaine, Jacky, l’un de nos fidèles lecteurs, soumet un guéridon à notre expertise. L’occasion pour Philippe Rouillac, notre commissaire-priseur, de nous en dire plus sur l’histoire et la valeur de ce meuble.

Cette semaine, les habitants de l’Empire du Milieu célèbrent le Nouvel An du calendrier luni-solaire avec une nouvelle année placée sous le signe du Cheval de feu. Cette fête est également célébrée dans de nombreux pays influencés par la culture chinoise, tels que le Japon, la Corée ou encore la Mongolie. Elle l’est aussi par les différentes diasporas asiatiques à travers le monde.

Septième signe du zodiaque chinois, le cheval est un symbole de dynamisme, d’énergie, de loyauté et de prospérité. Il est ici associé au feu, l’un des cinq éléments traditionnels de la cosmogonie chinoise, lui aussi lié au dynamisme et à la croissance. Toutefois, les années du Cheval de feu, (appelées Bing-Wu) sont aussi perçues comme des périodes de troubles, comme en 1966, marquée par la Révolution culturelle en Chine, de la catastrophe d’Aberfan ou encore des raids américains sur Hanoï durant la guerre du Vietnam. Les superstitions ont également entraîné une hausse des avortements, surtout des filles, ainsi que des déclarations frauduleuses des dates de naissance, en raison d’une « malédiction astrologique » qui les destinerait à détruire leurs maris.

La place du cheval dans le zodiaque chinois traduit ainsi son importance dans la culture chinoise. Arrivé sous l’influence du bouddhisme indien, que le considère comme le dernier avatar du Bouddha, le cheval s’impose très tôt dans la société chinoise comme animal utilitaire destiné à aider à l’agriculture et au transport, mais aussi comme symbole de prestige pour l’aristocratie et en particulier militaire. Ainsi, les sculptures en terre cuite de l’armée du Premier Empereur, représentant des cavaliers, figurent des officiers supérieurs et des nobles. Le cheval est aussi associé au divertissement, notamment à l’époque Tang, où l’on retrouve de nombreuses œuvres en céramique glaçurée représentant des joueurs de polo. Les nobles se déplaçaient dans des chariots tirés par des chevaux dont le raffinement leur permettait d’exprimer leur statut.
La scène figurant sur le guéridon de notre lecteur reprend ce thème : un couple de nobles guidé par un cocher et escorté par un garde dans un jardin. Elle reprend ici un vocabulaire fantasmé de l’art et de la vie chinoise. Le choix de la matière pourrait rappeler l’ivoire, l’un des matériaux de prédilection pour la production d’objets précieux en Asie. Le pied, avec ses tigres, ses éléphants et ses cariatides, est plutôt inspiré de productions indiennes mêlées à des dragons chinois. La marque est sans doute la signature de l’atelier, mais nous n’avons pas pu l’identifier.

Concernant votre table, celle-ci semble être une production moderne réalisée dans résine destinée à imiter l’ivoire. Il serait possible de l’estimer autour de 20 à 40 euros. De quoi vous offrir un repas dans un restaurant chinois pour célébrer le passage à la nouvelle année.
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